Il ressort du budget 2010 que les propriétaires de résidence unifamiliale et d’édifice domiciliaire de cinq logements et moins subiront une hausse moyenne de 5,8 % de leur compte de taxes foncières. « Cela faisait huit ou neuf ans qu’il n’y avait pas eu de réajustement majeur de la taxe foncière. Les augmentations dans notre arrondissement se comparent à celles de certaines villes de banlieue ou d’autres quartiers de la métropole », souligne le maire de l’arrondissement, Joe Magri.
« Depuis la fin de 2008, l’économie n’est pas à son meilleur. Cela a eu un impact sur les taxes venant des entreprises. De plus, les rendements des placements de la Ville ont été très bas en 2009. Ces facteurs font en sorte que Montréal doit vivre avec un gros manque à gagner. »
Même si les arrondissements voient leur quote-part à verser à l’agglomération augmenter de 1,1 % à 2,4 %, une enveloppe de 12 M$ sera à la disposition de l’ensemble de ceux-ci. Toutefois, les règles touchant à sa répartition restent encore à définir. « Une commission ou un comité sera créé et des critères de répartition seront mis de l’avant. Probablement que chaque arrondissement s’y présentera avec une ou deux projets prioritaires », pense M. Magri.
La décision prise par l’administration du maire Gérald Tremblay de pratiquement geler les projets touchant aux infrastructures aura un impact sur les projets d’immobilisation de l’arrondissement.
« Au niveau de l’arrondissement, 40 % du PTI sera reporté. Il faudra s’asseoir pour revoir nos priorités pour 2010 et 2011. S’il y avait une forte reprise économique, cette décision pourrait être changée par la suite. » Certains engagements pris durant les élections par l’un ou l’autre des deux partis municipaux présents à la table de l’arrondissement devront être reportés de quelques années. « Nous devrons discuter entre élus et prendre des décisions. Certains projets devront être priorisés par rapport à d’autres. La mise en application du budget 2010 exigera une gestion bien serrée afin de dégager des marges de manoeuvre. Nous devrons travailler sur les priorités identifiées sans toucher à la qualité des services, laquelle devrait demeurer au niveau actuel.
Rappelons que le budget montréalais a été présenté le 14 janvier et qu’il a été adopté 11 jours plus tard.
« Il y a eu plus de discussions que d’habitude. Maintenant, chacun des trois partis municipaux gère directement un ou plusieurs arrondissements, cela donne des discussions plus animées. Les élus de chaque arrondissement ont présenté leurs demandes et ont débattu afin de tirer le maximum des enveloppes disponibles », de mentionner M. Magri.
La conseillère de ville et mairesse suppléante à l’arrondissement, Suzanne Décarie, déplore ce qu’elle juge comme un double langage de l’équipe d’Union Montréal .
« C’est aberrant comment on peut faire parler les chiffres de deux manières dans un délai de seulement deux mois. Il existe une énorme différence entre ce que le maire Tremblay et ses conseillers disaient avant et après les élections concernant les finances de Montréal et le budget 2010 », affirme-t-elle.
L’une des quatre porte-couleurs de Vision Montréal au conseil de l’arrondissement estime que le fardeau financier imposé directement ou indirectement aux citoyens devient encore plus lourd.
« Il y a la hausse de la taxe foncière mais aussi l’augmentation des frais de location des équipements sportifs. Cela pourra être plus difficile pour les clubs sportifs et leurs fédérations. De plus, le maire Tremblay veut demander à Québec d’imposer une nouvelle taxe sur l’essence de 15 % pour financer le transport en commun. À RDP-PAT, ce n’est pas évident de se déplacer en transport en commun, plusieurs personnes n’ont pas d’autre option que celle d’utiliser leur auto. »
Mme Décarie rappelle que les salaires des Montréalais ne suivent pas les hausses annoncées. D’après elle, l’augmentation du fardeau financier imposée aux Montréalais pourrait amener la relocalisation de plusieurs vers les villes de banlieues.
La décision de l’administration Tremblay de compresser dans les projets d’immobilisation pourrait avoir un effet négatif à court et moyen terme. Selon l’élue de Vision Montréal, cela revient à paralyser la ville. « Le PTI, c’est les réparations d’infrastructures existantes et l’ajout de nouveaux équipements. Les projets d’agrandissement et de construction de bibliothèques devront être repoussés. Cependant, la modernisation de l’aréna Rodrigue-Gilbert demeure dans les priorités et pourrait être réalisée, car la démarche du projet était plus avancée. »
Elle souligne que dans une situation de sortie de crise, les travaux d’immobilisation contribuent à maintenir l’activité économique. Elle ajoute qu’il est important dans ce contexte de doter la Ville d’une politique de vérification des appels d’offres et de contrôle des coûts de réalisation de tous les travaux.
Selon elle, il est nécessaire de revoir la répartition des entrées financières au sein de la structure municipale. « Actuellement, le développement coûte de l’argent à l’arrondissement. La Ville-centre empoche tout l’argent alors que l’arrondissement, lui, doit dépenser pour offrir les services directs à la population. »
