Les nouveaux habits de l’escouade Éclipse

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Antoine Dion Ortega
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Le SPVM ne met plus tous ses œufs dans le panier « gangs de rue »

L’escouade Éclipse, mise sur pied en 2008 pour lutter contre les gangs de rue, a desserré son étau sur celles-ci pour embrasser plutôt la totalité des crimes de violence perpétrés sur le territoire. Une révision de mandat chère au nouveau directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent.

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« Ce qu’on a demandé [à l’escouade], c’est de travailler tous les crimes de violence confondus, a précisé Charles Mailloux, directeur des opérations du Services des enquêtes spécialisées au SPVM. Et ça, ce n’est pas nécessairement le fait des gangs de rue. C’est aussi celui du crime organisé italien, des motards, des [mafias] kurdes, libanaises… Tous ces groupes qui créent de la violence sur le territoire entrent dans le mandat d’Éclipse, dont les gangs. »

Concrètement, ce changement de paradigme (des gangs de rue aux crimes violents) signifie que la soixantaine de policiers d’Éclipse ne sont plus assignés à des sites « chauds » de la métropole, mais plutôt à des individus criminalisés, déjà identifiés et susceptibles, à tout moment, d’utiliser des armes à feu.

« Éclipse travaillait souvent des sites géographiques, a rappelé M. Mailloux. Autrement dit, [les policiers] s’en allaient à tel parc et surveillaient les attroupements de gangs. Mais quand tu te donnes une cible géographique, tu pénalises aussi tous ceux qui se trouvent juste là au mauvais moment. Tandis que maintenant, on cible des personnes dont on sait qu’elles sont actives [i.e. qui possèdent une arme à feu] ».

M. Mailloux admet que l’escouade Éclipse « s’était fait un nom », notamment auprès des communautés haïtienne et latino-américaine.

Cependant, la lutte aux gangs a, selon lui, porté ses fruits. Le nombre de meurtres leur étant attribués, qui a atteint le sommet de 14 en 2007, est revenu à quatre en 2009, puis à trois en 2010 – bien que ce dernier chiffre doive être validé. Les tentatives de meurtres, elles, sont passées de 58, en 2005, à 22 en 2010.

Maintenant que la priorité est donnée aux criminels détenteurs d’armes à feu, M. Mailloux est d’avis que ceux-ci y penseront à deux fois avant de sortir leurs « outils » en public.

« Le gars a moins de marge de manœuvre pour bouger, a-t-il noté. L’arme à feu, il ne l’aura plus sur lui, parce qu’il sait que la police le surveille. L’impulsivité du crime, tu viens de la diminuer de beaucoup. »

Organisations: Services des enquêtes

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