15 ans pour nos cours d’eau



Le comité Zip Jacques-Cartier œuvre pour améliorer la qualité des eaux, dont celle du fleuve Saint-Laurent.(Photo : pacophoto)

Le comité Zip Jacques-Cartier œuvre pour améliorer la qualité des eaux, dont celle du fleuve Saint-Laurent.(Photo : pacophoto)

Audrey Gauthier
Publié le 16 Août 2011
Publié le 16 Août 2011
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Sujets :
ZIP Jacques-Cartier , 15 ans , fleuve Saint-Laurent , Fleuve Saint-Laurent , Pont Victoria , Rivière des Prairies

Nouvellement ambassadeur de la fondation David Suzuki, le comité ZIP Jacques-Cartier soufflera ses 15 bougies cette année. Le comité a été un acteur de prédilection dans certains dossiers concernant le fleuve Saint-Laurent.

À la suite d’études menées par les gouvernements provincial et fédéral, les comités ZIP ont été créés. Le comité ZIP Jacques-Cartier, fondé le 11 juin 1996, couvre le fleuve Saint-Laurent, du pont Victoria à la Pointe-de-l’île, et la rivière des Prairies, à l’est du pont Viau.

À l’époque, le comité avait reçu deux mandats clairs: régler la pollution des eaux et décontaminer le secteur 103. Au cours des années, de nombreux objectifs se sont ajoutés, dont de redonner l’accès des rives à la population.

Le rejet des eaux usées

« Dans les années 20, le gouvernement et la société ont permis aux industries de se débarrasser de leurs déchets et eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Dans les années 90, les industries ne payaient pas pour la décontamination », explique Sylvie Bibeau, directrice du comité ZIP Jacques-Cartier.

Le comité a alors conçu un Atlas du réseau d’eaux usées de Montréal. Les conclusions de la parution démontrent des problématiques dans les deux réseaux de drainage.

« Il y avait de la contamination de coliformes fécaux autant lorsqu’il y avait un réseau séparé entre les égouts collecteurs pluviaux et les égouts collecteurs domestiques que lorsqu’il y avait un réseau unitaire. Les habitations La Rousselière à Pointe-aux-Trembles rejetaient leurs eaux usées directement dans le fleuve jusqu’en 2008-2009. C’est 700 logements », souligne Mme Bibeau.

Aujourd’hui, la qualité de l’eau aux abords des rives du Saint-Laurent s’est améliorée. « Certains secteurs pourraient devenir baignable », annonce-t-elle.

Le comité travaille depuis plus de cinq ans sur le projet d’une plage à Pointe-aux-Trembles, sur le terrain de l’ancienne marina Beaudoin. « À l’époque, le maire de l’arrondissement, Cosmo Maciocia, nous avait demandé de produire un projet rentable. Notre objectif n’est pas de rendre ce projet rentable, mais d’améliorer la santé des citoyens par une eau de bonne qualité et de redonner les rives à la population », explique Mme Bibeau.

Les raffineries

Le secteur 103, situé entre les rues Richard et Gamble à Montréal-Est, recevait les déchets des raffineries Shell et Suncor et de la compagnie Xtrata. Le comité et les industries se sont concertés pendant 10 ans avant d’en venir à une entente.

« En 2007-2008, les industries ont accepté de décontaminer 53 000 m3 dans deux cellules du secteur. Ça représentait un investissement de 10 M$ pour les industries. Le comité aurait aimé que tout le secteur soit décontaminé. Mais après 10 ans de discussions, il vaut mieux ça que rien. C’est tout de même un beau succès », avoue-t-elle.

Le secteur 110, là où Petro-Canada rejetait ses déchets à Montréal-Est, est actuellement étudié par Environnement Canada.

À venir

En plus de ces deux mandats, le comité ZIP Jacques-Cartier a constaté de nouvelles problématiques sur son territoire. « Il y a une augmentation des plantes envahissantes près des rives. Par exemple, la renouée japonaise interdirait l’accès à l’eau si elle poussait sur nos berges. Nous en avons déjà trouvé le long du fleuve », révèle Mme Bibeau.

Les changements climatiques pourraient aussi nuire à la qualité de l’eau. « Nos études suggèrent que nous allons perdre un mètre d’eau dans les 40 prochaines années. Cette perte d’eau pourrait engendrer des complications. Il faut prévoir comment on va réagir. »

Les publications et les constats du comité Zip sur la qualité de l’eau sur les berges du Saint-Laurent sont accessible sur leur site Internet et sur celui de la Ville de Montréal.

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