Quelques mois après avoir mis les pieds à Boston pour un match de hockey de séries éliminatoires opposant les Canadiens de Montréal aux Bruins, j'ai eu la chance d'assister à une rencontre opposant les Red Sox aux Mariners de Seattle au légendaire Fenway Park.
Je ne me suis jamais moqué des Expos, même lorsque les temps étaient plus durs. Je dois cependant avouer que Montréal ne vivait pas pour le baseball, surtout quand on établit une comparaison avec la capitale du Massachusetts.
D'abord, les partisans, alias « Red Sox Nation », portent bien leur nom. La rue Yawkey est fermée le jour des matchs pour laisser la place aux détenteurs de billets et aux nombreux curieux. Ces derniers arborent les couleurs de leur équipe favorite de la tête aux pieds et bien honnêtement, ceux qui ne possèdent aucun vêtement à l'effigie des Red Sox se comptent sur les doigts d'une main.
C'est pourquoi il n'était pas question que j'entre dans le stade sans avoir acheté une casquette et un t-shirt des « Bas Rouges ».
À travers cette frénésie, l'odeur des hot-dogs à 5 $, les kiosques et les bars entourant le Fenway Park, l'histoire rattachée à ce vieil endroit, tout ce beau mélange m'a fait réaliser une chose: à Boston, ça sent le baseball à plein nez!
Faire pratiquement salle comble à tous les matchs (81) de la saison régulière, c'est assez impressionnant. Et là, on ne parle pas de 21 273 spectateurs comme au Centre Bell: on parle de près de 40 000 amateurs de balle tassés comme des sardines.
Plusieurs sièges sont tellement mal placés que les spectateurs doivent se lever à chaque deux lancers pour laisser passer d'autres amateurs. Pire encore (et j'en ai été victime), lorsqu'il est inscrit « vue obstruée » sur votre billet, n'attendez-vous pas à être aux premières loges. J'ai assisté à deux rencontres des Red Sox au Fenway Park jusqu'à présent et chaque fois, il y avait un poteau de soutien m'empêchant de voir le jeu. Sans farce, je voyais le lanceur effectuer sa motion à droite du poteau et le frappeur s'élancer à la gauche de celui-ci.
À vrai dire, c'est le plus beau stade de baseball tout croche que j'ai vu dans ma vie. L'endroit le plus rapproché du marbre est situé à 302 pieds sur la ligne de démarcation au champ droit (que l'on surnomme le « Pesky Pole » en l'honneur de Johnny Pesky, qui frappait tous ses circuits à cet endroit) et au champ centre, l'endroit le plus éloigné est à 420 pieds du frappeur. Et je n'ai pas parlé du fameux monstre vert au champ gauche, qui mesure 37 pieds de hauteur, comparativement à trois pieds pour la clôture au champ droit.
Vous pensez que je me plains? Pas du tout. L'avant-match vaut le prix d'entrée à lui seul. La pratique au bâton nous permet de discuter avec certains joueurs et même d'obtenir quelques balles en souvenir. Le Fenway Park est un site historique à ne pas manquer, alors si vous avez la chance d'y aller, ne la ratez pas.
