En cette campagne électorale, l’occasion était trop belle de faire une entrevue avec cet auteur, qui en est rendu à son quatrième ouvrage. « Que ce soit pour se payer la tête des Français ou pour se moquer des dirigeants politiques, les Québécois ont toujours eu le chic pour faire valoir leur opinion par le rire », peut-on lire dans le communiqué émis par vlb éditeur.
M. Aird explique: « Le rire, c’est une soupape. Le rire permet aux gens de dépasser l’amertume et le pessimisme. Le but de ce livre est de faire ressortir la portée sociale et politique et de faire l’histoire du Québec à travers le prisme qu’est le miroir déformant du comique ».
Appelé à commenter la présente course à la maire d’arrondissement, M. Aird signale que cela fait peu de temps qu’il habite dans le secteur, lui qui a vécu de longues années dans Hochelaga-Maisonneuve. « Je trouve amusant d’entendre les gens dire qu’il y a trop d’élections et qu’ils sont fatigués d’aller voter, alors que ce n’est vraiment pas forçant de prendre une demi-heure de son temps pour choisir les gens qui gèrent nos taxes et dirigent notre société ».
Certains analystes de la scène politique avancent que les humoristes québécois alimentent le cynisme de leurs concitoyens envers la politique. « Les humoristes reflètent plus le cynisme ambiant qu’ils ne l’alimentent. À vrai dire, on n’a pas besoin des humoristes pour accroître le niveau de cynisme et de dérision, car les politiciens le font très bien par eux-mêmes. »
L’auteur confie qu’il a voté à toutes les élections depuis qu’il a l’âge de le faire. Au niveau municipal, il vote pour la personne plutôt que pour un parti. La diversité des postes électifs (maire de ville ou d’arrondissement, conseillers de ville ou d’arrondissement) permettrait, selon lui, aux citoyens de véritablement exprimer leurs choix. « En ne votant pas en bloc, cela force les politiciens municipaux des diverses formations à collaborer et à brasser des idées », de conclure ce professeur d’histoire. - Histoire politique du comique au Québec, Robert Aird, vlb éditeur, Études québécoises. 266 pages. ISBN 978-2-89649-040-0.
