Aux prises avec des aires inutilisées et des coûts d’entretien élevés, la direction de l’hôpital songeait déjà, en 1993, à se départir de 40 % de sa propriété. En 1997, le ministère de la Santé du Québec l’a autorisé à procéder en ce sens, ce qui mena à la vente des terrains excédentaires à la firme immobilière Axxco cinq ans plus tard. « La taille des institutions psychiatriques a été passablement réduite depuis quelques décennies. Dans les années 1950, l’hôpital accueillait environ 6000 personnes, comparativement à 500 aujourd’hui. Mais à cette époque-là, les personnes âgées, les handicapés physiques et même les veufs y étaient admis », affirme Jean Lepage, conseiller aux communications de l’hôpital Louis-H.-Lafontaine.
Des lieux transformésLe projet d’Axxco a ainsi modifié considérablement le portrait du quartier, notamment en forçant l’aménagement de nouvelles rues. En 2004, un concours de toponymie visant à nommer ces dernières a été lancé auprès de la population des environs par l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM).
« Le public devait être consulté et d’ailleurs, un partenariat avait été établi avec le Flambeau de l’Est dans le cadre du concours. Il s’agissait ainsi d’honorer des gens ayant marqué la grande histoire de l’institution psychiatrique ou encore, à l’aide d’une liste de noms soumis entre autres par l’atelier d’histoire de la Longue-Pointe, souligner des personnalités qui se sont démarqués dans d’autres secteurs au Québec », mentionne Claire Bourassa, porte-parole pour l’arrondissement.
Quatre rues ont alors été crées, soit Gratien-Gélinas, Anne-Hébert, De la Duchesse-de-Bassano et Hippolyte-Bergeron. Dans les deux derniers cas, il s’agit de personnalités ayant contribué à la mise sur pied de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu au 19
Cela dit, la firme Axxco a récemment entamé le 28 septembre des négociations avec le comité d’urbanisme de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve afin de débuter la construction de 637 nouvelles unités d’habitation qui s’ajouteront aux 463 déjà existantes.
Composantes des Cours Lafontaine, la plupart de celles-ci seront des maisons semi-détachées, des condominiums et des maisons de ville. Toutefois, le promoteur immobilier s’est engagé à bâtir également des logements sociaux (sous forme de coopératives d’habitation), de sorte qu’un total de 182 unités de ce type – 142 pour les personnes âgées et 40 pour les familles à faible revenu - seront disponibles au terme des travaux projetés.
L’optimisme règne quant à l’achèvement à moyen terme du projet domiciliaire, tant du côté des élus locaux que des groupes de défense des droits des locataires. « Nous avons réuni 150 personnes lors de l’assemblée publique en 2004 et tous estiment que la construction de logements sociaux reste une priorité. Advenant une association avec le programme Accès Logis, ce que nous souhaitons ardemment, les futurs locataires ne paieront que 25 % du coût réel du loyer », indique Patrice Francoeur, organisateur communautaire pour Infologis de l’est de l’île de Montréal, tout en précisant que le début de la sélection des membres pour les coopératives demeure indéterminé.
Le chantier devrait débuter cet automne ou au printemps prochain, dépendamment des pourparlers entre Axxco et l’arrondissement. Le comité d’urbanisme doit d’ailleurs se réunir à nouveau le 24 octobre. La conclusion des travaux est prévue vers la fin 2007.
