Même si les objectifs du nouveau programme sont semblables à ceux de l’ancien, certains critères de sélection ont été ajoutés. Par exemple, les fonctionnaires prioriseront les projets situés dans des collectivités où le taux de chômage chez les jeunes est élevé ainsi que les projets qui favorisent l’embauche d’étudiants handicapés, d’étudiants des minorités visibles et d’étudiants autochtones.
Ces nouveaux critères ont fait bondir la députée fédérale de La Pointe-de-l’Île, Francine Lalonde. « C’est une transformation complète du programme qui existe depuis plus de 10 ans maintenant, et les nouveaux critères sont devenus extrêmement difficiles à remplir par les organismes. Mais ce qui est encore pire, c’est qu’avec le nouveau programme, à tendance bureaucratique, les projets d’organismes de langue anglaise seront favorisés », a-t-elle mentionné.
Le député d’Honoré-Mercier, Pablo Rodriguez, s’indigne lui aussi de ces changements. Il ajoute que l’évaluation des demandes sera dorénavant effectuée sur une base régionale, soit au niveau du Québec. « C’est faire preuve d’un manque de soucis flagrant en regard des réalités locales, tout comme de la nécessité de favoriser le développement des jeunes de toutes les collectivités. Qui est mieux placé, si ce n’est les représentants locaux pour cerner les besoins de la collectivité? »
En effet, en vertu des termes du nouveau programme, les députés ne pourront plus recommander certains projets, comme c’était le cas avec le programme Placement carrière-été. « Dans mon comté, par exemple, on priorisait les camps de jour et les éco-quartiers. Maintenant, le système de points, contestable en lui-même, n’est pas basé sur les besoins du comté », prétend Francine Lalonde.
Les deux députés ont également déploré le fait que le budget officiel du programme Emploi d’été Canada n’a pas encore été rendu public et que la période de préparation des demande a été écourtée. En effet, les demandes de financement doivent être soumises au plus tard le 31 mars.
« Le programme a cinq semaines de retard par rapport aux années passées. Comment les organismes pourront-ils se préparer à répondre convenablement à ce tout nouveau questionnaire alors qu’ils auraient besoin de beaucoup plus que le délai qui leur est donné », s’est demandé Francine Lalonde.
La question du budget du nouveau programme suscite aussi plusieurs questionnements chez la députée de La Pointe-de-l’Île : « Non seulement ont ne sait pas encore combien d’argent sera alloué au programme, mais il n’y aura plus de budget par comté, mais un seul montant pour l’ensemble du Québec. Cela crée de l’incertitude pour les organismes qui ne savent pas si leur projet a des chances d’être retenu. Agir ainsi est irresponsable alors que nombre d’organismes attendent de connaître les moyens dont ils disposeront avant d’embaucher des étudiants pour la période estivale. »
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