Nous l’avons rencontré au Salon de l’emploi et de formation de l’Est, qui en était à sa cinquième présentation, vendredi et samedi derniers, au Complexe Cristina de Saint-Léonard.
Technicien en maintenance informatique dans son pays, Karim, qui vit près du métro Henri-Bourassa, dans Ahuntsic, cherche du boulot dans le même domaine. Mais ce n’est pas une mince affaire, avoue-t-il en souriant. « C’est difficile, bien sûr, car on nous demande de l’expérience “québécoise” en informatique. Il faut un peu de temps pour s’adapter et trouver ses repères. Je crois que les immigrants sont obligés de suivre une nouvelle formation. »
Puisqu’il avait déjà occupé un emploi dans un centre de service à la clientèle au Maroc, un grand employeur montréalais lui a offert le même type de poste, mais Karim souhaite d’abord et avant tout se réaliser à travers l’informatique. Il est cependant conscient qu’il devra faire preuve de patience, donc occuper en attendant un autre emploi que celui rêvé.
Cette année, le Salon courtisait justement les immigrés comme Karim, dans un esprit d’ouverture et de diversité, surtout quand on sait que le taux de chômage des immigrants montréalais est trois fois plus élevé que celui des Canadiens nés ici, selon des données de Statistique Canada rendues publiques récemment.
La ministre Line Beauchamp, présente lors de l’ouverture officielle, a tendu la main aux immigrants comme Karim. « En 2011, donc demain, il y aura 700 000 emplois à pourvoir au Québec, alors on compte sur la capacité d’accueil et d’ouverture des Québécois pour que les immigrants comblent beaucoup de ces postes », a-t-elle dit devant un parterre composé, justement, de beaucoup de gens de toutes les origines ethniques. « On reconnaît qu’il y a des améliorations à apporter auprès des communautés culturelles pour qu’ils occupent des emplois dans certaines catégories », a-t-elle indiqué, avant d’ajouter que l’expression chercheur d’emploi n’était peut-être appropriée. « Il faudrait plutôt dire que les gens, ici, ont quelque chose à offrir, qu’ils sont des ressources extraordinaires pour les “chercheurs de travailleurs”. »
Quelque 50 employeurs étaient présents au Salon, dont d’importantes organisations qui avaient des postes à combler en raison des départs à la retraite et des besoins croissants. C’est le cas de la Ville de Montréal, d’Hydro-Québec et de la Sûreté du Québec (SQ).
« Nous engageons 200 à 250 personnes par année, parce qu’il y a beaucoup de départs à la retraite au sein des 5200 policiers de la province, a expliqué Jean Gauthier, policier à la SQ depuis quatre ans.
Le président d’honneur, Stéphane Vinet, directeur général du district Est du Groupe des journaux de Médias Transcontinental, éditeur notamment des journaux locaux et régionaux de l’est de Montréal, a indiqué que « les ressources humaines représentent une ressource inestimable et un avantage concurrentiel » permettant aux employeurs de se démarquer entre eux.
M. Vinet a dit souhaiter que le Québec accueille de plus en plus d’immigrants pour pallier aux risques annoncés de pénurie dans plusieurs secteurs du marché du travail. « Le visage de Montréal a changé et nous devons nous adapter pour mieux comprendre et répondre aux besoins des immigrants en matière d’emploi », selon lui.
