Au fil des années, la pollution, l'urbanisation et la fragmentation des espaces, de même que la surexploitation des ressources, ont entraîné une perte de biodiversité. Outre ces facteurs, on voit apparaître un phénomène plus récent qui représente un danger pour la diversité biologique, soit l'homogénéisation des milieux urbains. À l'occasion d'une conférence de presse donnée dans le cadre de la Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai dernier, Matthieu Nivesse, stagiaire en environnement à Éco de la Pointe-aux-Prairies, laissait savoir que de nos jours, plusieurs villes se ressemblent. La plupart sont construites selon le même modèle, à savoir un centre-ville urbanisé autour duquel on retrouve une banlieue, plus rurale. Aussi, « dans une même ville, les constructions sont similaires, explique le conférencier. Partout, on retrouve les mêmes matériaux, même sur le sol où le béton et l'asphalte sont présents dans une majorité des centres urbains. Cette homogénéisation vient briser l'équilibre naturel et fait en sorte qu'au bout du compte, on aura les mêmes espèces dans chaque coin de la ville ». Selon lui, ce phénomène est présent partout à travers le monde. Conséquence? Certaines espèces locales sont appelées à disparaître et à être remplacées par des espèces exotiques. « On assiste donc à une perte d'une certaine valeur patrimoniale », mentionne M. Nivesse, étudiant au Master en aménagement et environnement à l'Institut de géoarchitecture à Brest, en France.
Un espoirMalgré tout, Matthieu Nivesse demeure optimiste quant à la possibilité de conjuguer la diversité naturelle et la ville. L'arrivée des toitures vertes en est un bel exemple. En plus de favoriser la biodiversité, celles-ci favorisent la capture des gaz à effet de serre et l'embellissement du paysage. L'entretien écologique des pelouses et l'installation de nichoirs sont d'autres moyens faciles pour encourager la diversité biologique en ville.
« Je pense que les gens manquent cruellement d'information sur la biodiversité », souligne M. Nivesse, précisant que tout est utile dans la nature et que l'homme a beaucoup à apprendre de celle-ci. « La nature est une immense base de données à partir laquelle l'homme peut s'inspirer, entre autres, pour la découverte de médicaments », conclut-il.
