Bien que la majorité des personnes que je rencontre comprend l’importance d’économiser l’eau potable, je constate que plusieurs pensent encore que l’eau, lorsqu’elle est consommée et renvoyée dans le réseau municipal d’eaux usées, retourne dans les cours d’eau dans son état initial. C’est-à-dire celui dans lequel on l’a prise. Erreur.
L’eau qui retourne dans le fleuve, dans la rivière des Prairies ou dans le lac St-Louis est, petit à petit, dans un état de qualité moindre que celle qui a été initialement prélevée pour être traitée et servie aux consommateurs du réseau public.
Retenons premièrement que la station de traitement des eaux usées de Montréal, malgré son efficacité et sa capacité de traitement, ne peut enlever la totalité des contaminants par le traitement qu’elle applique aux eaux usées. Malgré le fait que la station réponde aux normes du Ministère des affaires municipales et des régions (MAMR) en ce qui a trait à la teneur en contaminants de ses rejets, ceux-ci représentent toujours un faible risque pour la santé des cours d’eau et des êtres vivants qui l’habitent.
En 2006, par exemple, la station a éliminé en moyenne 82% des matières en suspension (MES), 69% du phosphore total (PT), 40% de la demande biochimique en oxygène (DBO5) et 48% des coliformes fécaux.
Alors que les matières en suspension peuvent causer une dégradation des cours d’eau par l’augmentation de la turbidité, le phosphore total peut, quant à lui, favoriser le développement des algues bleues. En outre, la demande biochimique en oxygène résulte pour sa part de la biodégradation des matières organiques dans l’eau, ce qui nécessite l’apport de l’oxygène dissout et qui en prive les poissons.
Cela nuit donc à l’évolution normale de la faune aquatique. Enfin, les coliformes fécaux proviennent des déjections animales et peuvent être la source d’organismes pathogènes. Les coliformes sont d’ailleurs les contaminants que l’on retrouve en plus grande quantité dans les eaux usées résidentielles.
En somme, l’eau usée traitée qui sort du réseau est toujours de moins bonne qualité que l’eau qui entre dans nos maisons car les contaminants rejetés par les stations d’épuration demeurent dans les cours d’eau et accroissent les risques de dégradation de l’environnement aquatique.
