Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, l’Association pulmonaire du Québec (APQ) et l’Association québécoise de lutte de la pollution atmosphérique (AQLPA) demandent à la Ville de Montréal d'interdire l’installation de nouveaux systèmes de chauffage au bois à Montréal et obliger les propriétaires actuels à convertir d’ici sept ans leurs systèmes de chauffage au bois pour des systèmes au gaz ou à granule de bois.
À deux mois de la fin de la période hivernale, la région de Montréal a déjà battu son record d’épisodes de smog, avec plus de 22 avertissements depuis novembre dernier, comparativement à 19 pour l’hiver 2005.
« La Ville de Montréal ignore volontairement le problème du chauffage au bois depuis des années, déplore André Porlier, directeur général du CRE-Montréal. Pour une fois que des solutions existent pour corriger la situation, le temps est venu d'adopter une réglementation stricte qui permettra d’améliorer la qualité de l’air et de protéger la santé des personnes les plus vulnérables. »
D’autre part, les groupes environnementaux estiment que le projet de règlement proposé par le gouvernement du Québec, visant à seulement interdire la vente, l’installation et la production de systèmes de chauffage au bois non certifiés EPA, est insuffisant pour réduire les impacts sur la qualité de l’air.
« Au Québec, plusieurs dizaines de modèles certifiés EPA phase 2 sont déjà disponibles sur le marché, alors pourquoi adopter une norme dépassée? Nous voulons des normes d’émissions du 21e siècle et non pas celles des années 1980 », de dire André Bélisle, porte-parole de l’AQLPA.
Selon des études, l’utilisation des 85 000 systèmes de chauffage au bois en place à Montréal constitue une source importante de pollution atmosphérique. Plusieurs de la centaine de polluants émis sont cancérigènes et présentent des risques pour la santé humaine et l’environnement.
« Santé Canada estime à 1540 le nombre de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique annuellement. De ce nombre, 400 décès seraient liés à une exposition à court terme, tandis que 1140 décès feraient suite à des expositions plus faibles mais à long terme. Il est temps que la Ville de Montréal se décide à penser à la santé respiratoire de ses citoyens, de déclarer Louis P. Brisson, président-directeur général de l’APQ. Elle a déposé un mémoire invitant le gouvernement à resserrer les taux d’émissions de particules fines et à prôner l’utilisation de combustibles plus propres que le bois. Il serait sage que la Ville montre l’exemple. »