Quatre mois après les événements violents ayant entraîné le décès de Freddy Villanueva ainsi que de tristes émeutes subséquentes, il serait temps de redorer l’image de Montréal-Nord.
Les médias ayant traité de ces faits ont insisté sur le caractère violent qui prévaut dans l’arrondissement de Montréal-Nord en mentionnant que cette ville était devenue une «poudrière », le « Bronx » de Montréal. Plusieurs animateurs radiophoniques exploitant des lignes ouvertes ont mentionné que jamais ils n’achèteraient une maison dans ce quartier. Ont-ils seulement une idée de quoi ils parlent ? La plupart n’ont jamais mis un seul pied dans notre quartier et se permettent de le salir. Les médias se sont basés sur deux pâtés de maisons, pour faire le procès d’une ville entière. C’est uniquement dans ce tout petit espace que des événements fâcheux se sont déroulés. Il y a pourtant beaucoup mieux à Montréal-Nord, tellement mieux.
Je suis née et j’ai grandi à Montréal-Nord. J’y ai fréquenté l’école primaire et la Polyvalente Henri-Bourassa. Je me suis souvent promenée dans ce quartier et jamais je ne me suis sentie menacée, été agressée ou même fait offrir de la drogue ou autre substance illégale. La pauvreté y est présente comme dans tous les autres quartiers de Montréal. Il y a plusieurs races à Montréal-Nord mais quand je parle aux gens avec lesquels je travaille qui arrivent du Saguenay, de Québec ou d’autres régions, je me rends compte qu’ils ne connaissent rien aux réalités socioculturelles des grandes villes. Ou bien ils sont bourrés de préjugés, ou au contraire, ils idéalisent les rapports avec les gens des autres régions du globe. Ma ville m’a mis en contact tôt avec les réalités ethniques et je me sens privilégiée. Montréal-Nord est une ville de défis sociaux-culturels ou tout le monde peut sortir gagnant avec un peu de bonne volonté et d’ouverture d’esprit.
Ma municipalité est peuplée d’arbres matures, de parcs verts longeant la rivière-des-Prairies, de terre-plein fleuris, de boutiques accueillantes, de coquettes maisons parfois si cossues qu’elles n’ont rien à envier à d’autres situées dans l’ouest de Montréal. Des rues tranquilles, il y en a plusieurs à Montréal-Nord. Des voisins aimables, il y en a par milliers. Il serait temps que les médias se responsabilisent et améliorent l’image de Montréal-Nord après l’avoir si mal traitée. Ma ville n’est pas qu’un lieu de voitures incendiées, d’assistés sociaux, de revendeurs de drogue et de gangs de rues criminalisés.
Redorer l'image de Montréal-Nord
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