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Faire le point



Publié le 17 Août 2009
Publié le 16 Février 2010
 

Aujourd’hui, est venu le temps de faire le point sur ma semaine de micro-projets. Ouf! Et quelle semaine! Il me semble que la réalisation de tous ces projets a fait des 5 derniers jours, un énorme jour complet sans pause.

Sujets :
El Sol , Amérique latine , Canada , Nagua

D’abord, le lundi matin. Au programme : conférence avec les jeunes du barrios sur la sexualité saine : Infections transmises sexuellement, protection, moyens de contraception et foire de questions. Faute de temps de le faire avant, nous avons dû faire imprimer et assembler les brochures sur la sexualité, rassembler le matériel, faire la boîte de questions le matin même de la conférence. Premier imprévu : l’imprimante avale le papier à une vitesse folle sans le faire ressortir… Vite, trouver trouver un réparateur!

Cela a tellement pris de temps de faire fonctionner la machine que j’ai pris 10 minutes pour manger et je suis directement reparti à 1:30 pour le barrio del Rincon. Deuxième imprévu : la conférence est prévue à 2:00, mais …personne! 2:15, 2:30. 2:45… En bon québécois : <>. Je me demandais si j’avais fait tout ce travail pour rien…

Et bien, non ! Les jeunes sont arrivés à 3:15! La salle était pleine. Ah, j’aurais dû y penser… le stress de l’exécution de mon premier micro-projet m’avait fait oublier le rythme implacablement lent de l’Amérique latine! Finalement, tout s’est bien déroulé. La formation a été chaotique à souhait, mais les Dominicains ont beaucoup participé et le climat de la classe leur a permis d’être à l’aise de poser des questions vraiment gênantes sur la sexualité. En gros, on a atteint l’objectif.

Voici le contexte dans lequel se déroule la sexualité ici ; du moins la généralisation que j’en ai fait. Évidemment, ce n’est seulement qu’une grande généralisation : les parents ne parlent pas de sexualité avec leurs enfants parce qu’il y a un grand tabou ici, ceci en partie parce que la religion est très forte et les parents préfèrent vraiment que les enfants attendent après leur mariage pour faire l’amour la première fois. Dans les faits, les adolescents n’ont donc aucune formation sur la sexualité, puisque à l’école non plus, cela ne fait pas partie de leur programme. Les jeunes ont des relations sexuelles assez tôt, soit vers 12 à 16 ans et cela sans contraception, ni protection contre les infections transmises sexuellement (étant donné le manque de formation sur le sujet). Cela donne souvent lieu à plusieurs infections et des grossesses adolescentes, donc à des mariages très jeunes, car c’est une honte pour les filles d’avoir des relations sexuelles hors mariage, même si en réalité c’est courant.

Puis, le mardi matin et une bonne partie de la journée, j’ai travaillé sur le rapport que je dois remettre sur les micro-projets. Puis, je suis repartie en guagua pour la <> qui était prévue à 4:15. Une heure et quart plus tard, deux parents étaient arrivés… J’ai donc réuni les jeunes et on est passé donner les brochures dans les maisons où il y avait des parents pour les inviter à la conférence dès maintenant.

Finalement, 15 parents sont venus à la conférence... beaucoup moins que les 80 que nous attendions. Après cet événement, je me suis assise pour analyser les failles de cette partie de mon projet et j’ai découvert ceci en parlant avec les jeunes de mon groupe : la publicité n’était pas adaptée aux parents, car nous avons utilisé les mêmes pancartes pour annoncer la conférence pour les jeunes et celle des parents. La publicité a été faite beaucoup trop tôt. Ici, les gens vivent vraiment au jour le jour, il aurait donc fallu faire la publicité la veille pour le lendemain. Une semaine, c’était trop long. Notre groupe n’a aussi pas pensé à consulter l’horaire de la communauté, nous avons donc très mal choisi l’heure de la conférence. 4:00, ce qui signifie en même temps que l’église, qui est particulièrement importante ici. Une bonne partie des parents étaient donc occupés. Finalement, un imprévu que nous n’avions pas pu prévoir : la mort d’un membre de la communauté. Ici, quand quelqu’un meurt, la famille et les amis de la personne observent une neuvaine. Ceci signifie qu’aucun d’entre eux ne participera à aucune activité pendant neuf jours. Et comme mon micro-projet est dans une petite communauté, cette mort a touché beaucoup de gens.

Après ce bilan, j’étais prête à modifier mon projet en peu de temps pour l’adapter aux réalités locales. Le mercredi matin, on a donc pratiqué la pièce de théâtre du lendemain avec les jeunes et on a fait les pancartes pour la marche dans le but d’être bien préparés. Je me suis aussi arrangée pour louer un <>, quelque chose de très typique ici. C’est un camion avec une énorme boîte de son à l’arrière. C’est vraiment ce qui attire le plus l’attention des gens ici et je dois dire que cela a fait toute la différence pendant la marche. En effet, la marche a vraiment été un succès avec tout ce son. On a d’abord mis une chanson locale vraiment populaire : El Sol, La playa pour attirer l’attention. Puis, on a fait une très bonne publicité pour la pièce de théâtre, tout en criant des slogans sur la sexualité comme <> qui signifie : Papa, Maman, laissez le tabou! Pour inviter les parents à parler de sexualité avec leurs enfants. Nous étions environ 60 jeunes et 100 spectateurs pour la pièce de théâtre! C’était vraiment super!

Finalement, j’en viens à la conclusion que la conscientisation à une sexualité est un processus très long. Cela prend probablement plus qu’une marche, une pièce de théâtre ou des conférences pour abolir le tabou profond de la sexualité ici. Par contre, les jeunes qui ont travaillé avec moi en ont appris beaucoup sur le sujet et surtout comment organiser un projet qui fonctionne. D’un autre côté, j’ai beaucoup appris d’eux, en particulier sur comment avoir un leadership clair et positif, tout en leur laissant la chance de faire leurs expériences. C’était tellement enrichissant.

Pour terminer, je retourne au Canada dans une semaine, j’ai quelques rapports à terminer. Je n’ai pas encore fait le bilan de mon stage, mais je peux déjà dire que j’ai tellement appris ici. Je repars le coeur rempli de souvenirs heureux, car aujourd’hui , je peux dire que j’ai de vrais amis dans la ville de Nagua et il sera très difficile pour moi de laisser tout ce beau monde : mes cours de français, l’espagnol, mes longs rapports, le riz, les bananes plantins et les micro-projets. Ici, ça été toute une aventure et je peine à croire que c’est déjà terminé. À mon retour au Canada, je vais continuer mon petit bonhomme de chemin : l’université en éducation au niveau secondaire, l’appartement à payer, l’épicerie à faire et un travail à trouver… Ouf! C’est reparti pour une autre aventure!

Andreanne

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