La finale de la coupe Stanley a opposé les deux plus belles machines offensives de la Ligue nationale de hockey. Mais, en bout ligne, ce sont les vieilles jambes des Red Wings qui ont tenu le coup, et malgré un très long cinquième match à Detroit, ce dénouement ne m'étonne pas.
L'équipe dirigée par Mike Babcock a été probablement la seule formation des 16 qualifiées pour les séries à ne jamais avoir appuyé sur le bouton de panique. Les Wings étaient l'une des équipes les plus aguerries ce printemps (avec les Ducks et les Rangers) et leur conquête de la coupe est due en partie à la chimie existant dans leur formation.
Au départ, bien des observateurs ont parié que Detroit tomberait en vacances avant d'atteindre la grande finale. Mais l'alignement partant des Wings constitue un mélange parfait de jeunes talents et de vétérans fiables. Un noyau semblable aux Ducks d'Anaheim, qui ont cependant souffert d'une mauvaise préparation en raison de l'arrivée tardive des Scott Niedermayer et Teemu Selanne cet hiver.
Chez les Wings, le prolifique Henrik Zetterberg a remporté le trophée Conn Smythe, mais deux autres joueurs reçoivent beaucoup d'éloges, Chris Osgood et Johan Franzen. Le gardien des Wings a ressuscité cette saison en profitant des blessures et des largesses de Dominik Hasek. Et avec une formation aussi compétitive que celle des Wings, c'est ce qu'on appelle saisir sa chance au bon moment. Osgood a été l'une des bougies d'allumage dont Mike Babcock avait besoin.
De son côté, Johan Franzen a été LA surprise offensive des séries. Ses 13 buts en 16 rencontres, malgré des symptômes reliés à une commotion cérébrale, ont fait le grand bonheur des partisans de la ville de l'automobile. Dire qu'auparavant, le Suédois n'avait jamais inscrit plus de 12 filets en une saison chez les professionnels (depuis 2001).
Ajoutez à cela le plus efficace défenseur de LNH, Nicklas Lidstrom, un Russe avec des mains magiques du nom de Pavel Datsyuk, sans compter la profondeur à la ligne bleue apportée par Brian Rafalski et Nicklas Kronwall, les Wings avaient tous les ingrédients pour gagner, dont un que les Penguins ne possédaient pas: l'expérience.
C'est la raison pour laquelle je ne suis pas surpris de voir le premier capitaine européen (Lidstrom) soulever la coupe Stanley. Les joueurs des Wings ont géré leurs émotions parfaitement, et ce, malgré avoir échoué à leur première tentative de gagner le titre lors du cinquième affrontement.
C'est ce que les hommes de Michel Therrien ont été incapables d'accomplir. Jeunes et fougueux, les Crosby, Malkin, Fleury, Staal et même Talbot ont rapidement été sortis de leur plan de match lorsqu'ils tiraient de l'arrière dans la série. Néanmoins, chapeau à Talbot qui a permis aux « Pens » de prolonger le suspense jusqu'à Pittsburgh.
De son côté, l'état-major des Canadiens de Montréal devrait s'inspirer du succès des Red Wings en séries. Or, cette approche semble avoir été déjà entamée si l'on se fie au mélange homogène qui a composé l'équipe cette saison. Ce n'est que de bon augure pour le centenaire!
