« Ce que je vois me lève le coeur à moi aussi », fulmine Jean-François Monette dans un long courriel qu'il a fait parvenir à La Presse après avoir lu la sortie de Gagnon, vendredi dernier.
Après avoir pris part à tout l'entraînement estival, Monette a annoncé sa retraite en octobre dernier. À la croisée des chemins, il avait mal à un genou et souhaitait poursuivre ses études en notariat.
« Mais j'ai surtout arrêté de patiner parce que j'ai senti qu'on ne s'en allait nulle part, a précisé l'athlète de Mercier en entrevue téléphonique. À la veille des Jeux olympiques de Vancouver, je devais prendre une décision. Je me suis dit: "J'ai 30 ans, je ne perdrai pas mon temps pour gagner une médaille de bronze au relais". »
Contrairement à Gagnon, Jean-François Monette a vécu de l'intérieur le changement de la structure d'entraîneurs ayant suivi le départ de Guy Thibault, en 2006. À titre de représentant des athlètes, il a même participé aux entrevues pour l'embauche d'un quatrième entraîneur au centre national de Montréal.
Le Coréen Jae-Su Chun a obtenu le poste, mais il a quitté moins d'un an plus tard pour rejoindre Thibault aux États-Unis, malgré les efforts de l'équipe canadienne pour le retenir.
Monette déplore la façon dont Chun a été traité. « Cette organisation a manqué totalement de professionnalisme, mais surtout de respect envers les entraîneurs », juge-t-il.
L'ancien patineur estime également que la structure à quatre entraîneurs est beaucoup trop « lourde » et « rigide ». Chacun tirait la couverte vers lui et ne communiquait pas avec ses pairs, soutient-il.
« Si tu ne t'entends pas avec un coach, tu n'as pas le choix de rester avec lui, ajoute-t-il. Il est aussi interdit d'aller chercher les services d'un entraîneur à l'extérieur de la structure. À mes yeux, un entraîneur est le capitaine du bateau, le chef d'orchestre. Il choisit les intervenants dont il veut s'entourer. En ce moment, c'est Yves (Hamelin) qui choisit tous les intervenants. »
L'ex-patineur de 30 ans dit avoir transmis ses doléances aux dirigeants de l'équipe à maintes reprises. «Ça n'a rien changé», a-t-il soutenu.
Monette affiche peu d'optimisme en vue des Jeux olympiques de Vancouver. « C'est bien parce que la structure et les entraîneurs ne sont plus adaptés à la réalité de notre sport d'aujourd'hui que je ne prédis, moi aussi, aucune médaille d'or, à part celles qui pourraient nous échoir par coup de chance », a-t-il conclu.
Jean-François Monette se mêle aux critiques
Après Marc Gagnon, un autre ancien patineur critique les façons de faire de l'équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste.
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