Le conférencier n'a toutefois pas mis de gants blancs en s'adressant à la cinquantaine de gens d'affaires présents pour l'occasion. « On ne réalise pas à quel point on a frisé la catastrophe! C'est la crise la plus douloureuse depuis la récession de 1930. Aux États-Unis, 98 banques ont fait faillite. Pendant ce temps, ici, on a vécu dans une bulle, ne sachant jamais vraiment ce qui arrivait », affirme-t-il.
Ce qui a sauvé le Québec selon lui? « On est moins endetté que les États-Unis et, surtout, on a tout perdu avant eux (en parlant, entre autres, du secteur de l'automobile et de l'assurance). D'ailleurs, malgré la tristesse entourant l'effondrement du pont de la Concorde, ça aura eu du bon. Ça nous a permis d'amorcer les travaux d'infrastructures deux ans avant tout le monde! »
Toujours avec l'intention de dresser un portrait réaliste de la situation, M. Vézina estime que personne ne comprend vraiment ce qui se passe en ce moment dans le monde. « Les économistes ne savent plus trop quoi annoncer. La preuve, le 1er octobre, on annonçait une reprise économique, alors que le 2 octobre, on n'en était plus trop certain. Le Canada a connu sa troisième hausse de positivisme. Des maisons se construisent, des entreprises embauchent toujours, le prix du pétrole, de l'or et du dollar augmente et pour la première fois depuis longtemps, Montréal a un taux de chômage moins élevé que Toronto. Ce sont des indices qui ne mentent pas! »
Toutefois, une autre crise, tout aussi importante, guette le Québec: la crise démographique. « Montréal, particulièrement l'Est, est une vieille ville. D'ici quatre ans, 700 000 emplois seront à pouvoir. La conséquence la plus dramatique de cette crise sera certainement le phénomène de retour à la ville. Les retraités veulent s'installer dans un endroit où ils ont accès à des services de proximité », explique-t-il.
Cette fois, Pointe-aux-Trembles n'a pas tout faux: avec ses espaces verts, son accès au fleuve et son offre de service, l'arrondissement devrait être en mesure de « survivre » à cette crise. « Seule ombre au tableau: l'accessibilité, ou l'inaccessibilité, au transport en commun. Ça pourrait grandement aider à l'essor du secteur. Pour le reste, ça vous appartient de développer des projets ensemble! »
