Septembre 2008; j’arrive à Trujillo, ville de 850 000 âmes située sur la côte désertique du Pérou. À plus de huit heures d’autocar au nord de la capitale de Lima, je m’éloignais encore plus du site archéologique le plus convoité à l’échelle planétaire, le Machu Pichu. Détrompez-vous, je ne suis pas allée visiter la mystérieuse cité perdue, encore moins les belles plages du coin; le but de mon voyage était d’aider au développement d’un jeune programme de microcrédit pendant trois semaines.
Comme la tradition l’oblige quand je voyage, j’achète un roman dont l’histoire se déroule dans le pays convoité. Cette fois-ci, j’empochais le best-seller de James Redfield, La Prophétie des Andes. Redfield m’avait prévenue: ce pays enchanteur me mènerait sur la voie des révélations de la vie!
Vous l’aurez deviné, Redfield n’avait pas tort! Mon séjour en tant que bénévole d’affaire pour l’organisme non gouvernemental SKiP (Supporting Kids in Peru) m’a révélé une multitude de petits secrets trop bien gardés: le sentiment de bien-être à la suite d'une implication volontaire est incommensurable; d’initier une petite différence fait toute la différence; les petites frimousses péruviennes sont irrésistibles, l’amitié n’a certes de frontière, et les micro-prêts font des micro-miracles.
Les commerçants visités (cordonnier, couturière, éleveur d’animaux, artisan, fabricant de moules à chaussures) empruntaient à SkiP entre 20 et 100$ amortis sur un unan sans aucun intérêt. Le remboursement moyen équivalait à 1$ par semaine.
J’ai mis en œuvre un séminaire sur la publicité. J’ai contribué en achetant le matériel (peinture, pinceaux, stencils) et en créant un groupe de discussion entre commerçants. Les participants pouvaient concocter sur place leur propre affiche commerciale.
De plus en plus de professionnels veulent voyager autrement. Des organismes qui supportent l’engagement volontaire de leurs employés voient le jour. Pour ma part, mon employeur a appuyé mon projet en me donnant une mallette remplie d’articles promotionnels pour les entrepreneurs péruviens: porte-documents, stylos, calculatrices, casquettes, et jeux pour les enfants. ¡Gracias!
Votre employeur permet les journées personnelles? Mettez-les à profit dans le cadre d’un congé solidaire ou d’un acte bénévole local.
Je n’ai pu changer le monde. Par contre, j’ai cette satisfaction d’avoir fait une petite différence dans la vie de quelques âmes qui en ont fait autant sinon plus à mon égard. Comme La Prophétie des Andes le véhicule si noblement, le grand mystère de l’existence, c’est que nous avons tous été judicieusement placés, à l’endroit adéquat… pour changer quelque chose en ce monde. Cela va pour vous aussi; soyez inspirés!
Sandra D. Péloquin
Ouste la crème solaire, place au congé solidaire?
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