La famille Giroux a eu besoin de l'aide de la Ville de Montréal-Est pour louer un autobus afin d'accueillir en grand son champion olympique à l'aéroport Montréal-Trudeau. Le véhicule a ensuite fait demi-tour pour terminer son parcours au centre récréatif Édouard-Rivet, où d'autres partisans attendaient le patineur de vitesse, dont le maire de la ville, Robert Coutu.
« J'étais vraiment surpris. Je m'attendais à quelque chose, mais pas d'aussi gros, confie Mathieu Giroux. Je peux me comparer à Joannie Rochette. Elle a eu deux autobus. Moi, j'en ai eu un. C'est quand même bon! »
Le crédit de cet accueil revient notamment à sa sœur de 27 ans, Catherine, qui a planifié le tout en l'espace de 24 heures. « J'ai contacté Air Canada pour faire les arrangements avec Mathieu et quand il nous a vus à l'aéroport, ç'a été vraiment toute une expérience! », raconte celle qui n'a pas perdu de temps avant d'ouvrir la bouteille de champagne lorsque son frère a gagné le titre olympique.
Contrairement à Catherine qui n'a pu faire le voyage dans l'Ouest canadien, le père, la mère et la sœur aînée de Mathieu Giroux étaient sur place pour épier les prouesses de leur protégé à l'anneau olympique de Richmond. Régis, Pauline et Geneviève avaient tous le sourire aux lèvres lorsque rencontrés à leur arrivée, mercredi dernier.
« Nous avons vécu de grosses émotions. Mathieu vit un grand rêve et nous aussi », a dit son père.
« Je suis très heureuse pour lui. Mathieu a travaillé fort pour y arriver. Il a fait beaucoup de sacrifices cette année », a fait remarquer sa mère Pauline, qui semblait encore émue de la performance de son fils.
À cet effet, l'athlète de 23 ans avait quitté Pointe-aux-Trembles l'an dernier pour s'entraîner de façon intensive, principalement à Calgary. Au cours des huit derniers mois, il n'avait effectué qu'une brève présence au Québec, en septembre.
De son côté, sa sœur de 30 ans, Geneviève, a vécu l'ambiance des Jeux olympiques sous un angle différent. « J'agissais comme bénévole près de la glace, donc c'était génial. J'ai tout vu de la course de mon frère. J'étais très confiante qu'il puisse gagner la médaille d'or. »
Cette dernière avait soumis sa candidature pour obtenir ce poste à Richmond, car, outre la présence de Mathieu, elle avait déjà occupé cette fonction dans le cadre de certaines compétitions de patinage de vitesse courte piste.
« Il y avait beaucoup d'ambiance à l'anneau. Pour les bénévoles, le mot d'ordre était: "amusez-vous". Ça m'a donné l'envie d'appliquer pour les prochains Jeux olympiques d'été à Londres. »
Mathieu Giroux ne l'a pas volé sa médaille dorée. Opposés aux Américains en finale de la poursuite masculine, lui et ses coéquipiers (Denny Morrison et Lucas Makowsky) ont mené la course de bout en bout. C'est finalement deux petits dixièmes de seconde qui ont séparé les vainqueurs des médaillés d'argent.
« On savait que la finale au hockey opposait le Canada aux Américains et on voulait les battre nous aussi. C'était important de gagner l'or pour honorer le programme "À nous le podium". »
Mathieu Giroux admet avoir vécu « sa plus belle expérience à vie » aux Jeux de Vancouver et il aura l'occasion de connaître d'autres moments fertiles en émotion d'ici quelques jours. De retour dans l'avion dimanche en direction des Pays-Bas, il participera à la dernière coupe du monde au calendrier, présentée du 12 au 14 mars, à Heerenveen.
Un week-end plus tard, toujours au même endroit, Giroux conclura sa saison de rêve avec la tenue du Championnat du monde toutes distances.
