Changer le quartier plutôt que changer de quartier

Michel
Michel Joanny-Furtin
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Isabelle Gagné est la maman d’une famille reconstituée de quatre jeunes garçons. C’est dire si la vie est un tourbillon quotidien. Mais la jeune femme en est un aussi qui n’hésite pas à agir sur son quotidien quand celui-ci ne fait pas son affaire. Et trouve les partenaires qu’il faut pour y parvenir.

Isabelle Gagné croque dans la vie à pleines dents! (Photo: Jacques Pharand)

Isabelle travaille comme consultante et formatrice en développement organisationnel et amélioration continue. «C’est un peu long, en convient l’intéressée, mais cela définit plutôt bien pour quoi les entreprises font appel à moi», sourit-elle.

Comme on dit, ceci explique cela! Pas tout à fait, si sa formation professionnelle lui a donné une réelle expertise en terme d’organisation, son parcours personnel explique une certaine vision de l’existence et de la vie en communauté dans un quartier.

Isabelle Gagné a grandi en Mauricie à Louiseville précisément, en pleine campagne. Les liens sociaux entre les habitants étaient tissés serrés sans toutefois empiéter sur l’intimité de familles. «La solidarité, le partage des tâches et des corvées, l’aide en cas de besoin, j’ai vu comment les gens faisaient avec parfois simple plaisir de se rendre service parce que, en bout de course, tout le monde y trouve son compte.»

«Quand nous nous sommes installés à Outremont, je pensais revivre ça, cette ambiance de village. Mais ce n’était pas le cas, comme si les gens ne savaient ni quoi ni comment faire pour se rencontrer. J’ai cru que j’allais à nouveau déménager. Puis, en discutant avec mon mari, je me suis dit qu’il valait mieux changer le quartier plutôt que changer de quartier.

«Alors, j’ai fait le tour des voisins d'abord, et puis on a proposé l’organisation d’une première fête des voisins. Les gens étaient surpris, dubitatifs, mais enthousiastes. Cela a créé les premiers contacts. Les autres parents, je les rencontrais surtout en allant chercher ou emmener les enfants au sport. Nous étions quelques-uns tannés de se voir sur les stationnements des arénas et trop rarement ailleurs.»

L’arrondissement offrait très peu d’activités familiales et d’espaces structurés où les parents et les enfants pouvaient faire des choses ensemble. Tout est parti de «La Bambinerie», mise en place par Manon Savard, un groupe de jeux pour les 0 à 3 ans qui aide les enfants à socialiser.

«Avec d’autres parents, on a pensé suivre ce modèle pour fonder «Outremont en Famille». Ils sont cinq, Claire-Isabelle Maufette, Flor del Pilar, Manon Savard, Simon Lebeau et Dan Kraft, qui, avec Isabelle Gagné, veillent aux réalisations de l’association.

«Notre ''clientèle cible'' concerne toutes les familles, mais surtout les familles avec des jeunes enfants de moins de 12 ans, parce que la maison des jeunes d’Outremont prend le relais, si l’on peut dire, puisqu’elle accepte les enfants à partir de 12 ans.

«La solidarité, le partage des tâches et des corvées, l’aide en cas de besoin, j’ai vu comment les gens faisaient avec parfois simple plaisir de se rendre service parce que, en bout de course, tout le monde y trouve son compte.» Isabelle Gagné

Aujourd’hui après seulement deux ans d’existence, Outremont en Famille rejoint pas moins de 200 familles et organise de plus en plus d’activités, quand on ne lui en donne pas. Cette année par exemple, le club de soccer d’Outremont (SMRO) nous a demandé d’organiser avec leur équipe le souper spaghetti de la Kermesse Soleil», explique Claire-Isabelle.

«On a fait jouer tous nos réseaux et contacts pour organiser, mais surtout chercher des commandites capables de prendre en charge certains éléments de la soirée, comme le souper, les boissons, la déco, les cadeaux, etc.».

Mais le reste du temps Outremont en Famille organise des activités plus courantes «comme le Hockey familial auquel jouent parents et enfants; la Popote famille, où chaque participant vient cuisiner un menu préétabli et peut ramener chez lui quatre portions de cinq plats; la Fête des voisins 2011, que d’autres ruelles ont organisée avec notre soutien; etc. En fait, toutes les occasions sont bonnes pour créer des liens», insiste Isabelle.

«C’est tellement agréable de voir les gens qui se parlent et font des choses ensemble, pour eux-mêmes et leurs enfants. Cela amène plus de sécurité dans les quartiers parce que chacun s’inquiète de l’autre.»

«Dans nos projets, on aimerait trouver des gens qui prendraient en charge une idée et la porteraient, et nous serions là pour les épauler. Sinon en cours de réflexion, on pense à de l’aide aux devoirs pour les moins de 12 ans, un atelier de mise au point de vélos, et proposer des activités plus sportives, et mettre en place un système de réseautage pour le gardiennage...»

«Et nous voudrions faire renaitre le camp de jour pour les très jeunes enfants, afin de bonifier ce qui existe déjà. Et puis aussi trouver un emplacement, un lieu de rencontres et de préparation de nos activités.»

Et que fait cette hyperactive nommée Isabelle Gagné pour se détendre ? «De la course à pied», répond-elle très sérieusement. «Mes parents rêvent de me voir un jour assise...»

 

ISABELLE GAGNÉ EN TROIS QUESTIONS

Quelle est votre inspiration?

«Les gens, parce qu’ils me nourissent.»

Quelle est votre plus grande réalisation?

«Chaque journée où je sens que je viens de franchir un petit pas.»

Si vous pouvez changer une seule chose dans le monde?

«Faire disparaître l’hypocrisie.»

Lieux géographiques: Outremont, Mauricie, Louiseville

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