Il n’y a pas d’âge pour aider

Samuel
Samuel Leduc-Frenette
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Plusieurs organismes de charité œuvrent à l’ombre des projecteurs. C’est le cas des petits frères des Pauvres, qui cherchent à sortir les personnes âgées de leur solitude. À 51 ans, Laurier Pedneault a passé la moitié de sa vie à y travailler. Il coordonne aujourd’hui les activités organisées plusieurs fois par semaine par l’organisme.

Laurier Pedneault (Photo : Alarie Photos)

« Mon rôle est de coordonner tous les transports, l’accueil et l’animation lorsque nous planifions une activité », dit celui qui a fait ses premiers pas chez les petits frères alors qu’il était étudiant. Il s’occupe des activités qui sont organisées au siège social de la rue Garnier à Montréal et des sorties à la maison d’été d’Oka.

« Les gens dont les petits frères des Pauvres s’occupent n’ont pas de famille ou ont une famille absente. Et nous, nous la remplaçons. Nous accompagnons les gens jusqu’à la fin, mentionne-t-il. Il faut faire en sorte que la personne dans ses vieux jours ait toujours quelqu’un de significatif autour d’elle.

« Souvent, on a affaire aux gens qui n’ont pas eu d’enfants. […] Il y a aussi des gens qui en ont eus, mais qui sont partis avant eux. »

En dépit du nom de l’organisme, les petit frères des Pauvres s’occupent de toutes les personnes seules, peu importe leur statut socio-économique. « Maintenant on parle de pauvreté affective. Même si la personne a des sous et qu’elle n’a pas de difficultés matérielles », dit-il, avant d’ajouter que, « pour éviter les conflits d’intérêts, tout est gratuit. Comme on ferait avec nos vieux parents. »

L’organisme ne reçoit aucune subvention gouvernementale et vit seulement des dons du public. D’ailleurs, les petits frères font revivre cette année leur défunt « cyclothon ». « Cette année, on le fait renaître après 10 ans. Le parcours, c’est entre notre maison sur la rue Garnier et notre maison de campagne à Oka. » Le coût de participation : 100 $ par cycliste.

M. Pedneault sent qu’il fait vraiment la différence autour de lui. Les personnes restées longtemps seules se sentent souvent revivre au contact des jeunes et des moins jeunes bénévoles qui les accompagnent. « On fait en sorte que la vie est moins difficile à vivre, dit-il. C’est presque indispensable dans la vie d’une personne d’avoir quelqu’un à qui penser. »

Il a lui-même déjà accompagné deux personnes, dont une femme qui était âgée de 85 ans. Elle est morte à 101 ans, en sachant qu’elle n’était pas seule. « Ça fait toujours quelque chose, dit-il. Mais quand on les a accompagnées jusqu’à la fin, on sait qu’elles vont partir heureuses. »

Il a aussi été jumelé à un homme qui, lui, s’était complètement « retiré » du monde. « Je ne savais pas comment il allait réagir quand je suis entré la première fois. Mais quand je suis reparti, il m’a dit : “Vous, je veux vous revoir.” »

L’organisme, fondé en 1946 en France, fêtera ses 50 ans de présence à Montréal en 2012. Et comme leur slogan « Marchands de bonheur depuis 50 ans » l’indique, les petits frères ont encore de belles années devant eux pour briser la solitude de nos aînés.

 

 

Laurier Pedneault en 3 questions

 

1. Qui est votre modèle?

C’est la comédienne Juliette Huot. Malgré sa carrière, elle prenait le temps de venir préparer des repas pour les petits frères.

2. Quelle est votre plus grande réalisation?

D’avoir toujours gardé la même motivation, même après 25 ans. Ce n’est pas une réalisation en soi, mais c’est ce qui fait que je peux continuer à aider.

3. Si vous pouviez changer une seule chose dans le monde?

Qu’on soit plus conscients des personnes seules qui nous entourent et qu’on porte plus attention aux personnes âgées.

Organisations: Les petits frères des Pauvres

Lieux géographiques: Rue Garnier, Montréal, Oka

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  • Harriet Gareau
    24 août 2011 - 10:41

    Étant moi-même bénévole chez Les Petit Frères des pauvres depuis cinq ans, je peux confirmer qu'ils sont vraiment des "Marchands de bonheur". Que ce soit pour un beau dîner ou une sortie ou un séjour à Oka, c'est vraiment séduisant de voir et ressentir le plaisir des vieux amis/vieilles amies quand ils recevoivent de l'attention et de l'affection. Et bien sûr, tout ce partage apporte aussi du bonheur aux bénévoles. On y gagne à les connaître..... les petits frères et les personnes âgées.