Line Vincelli: ange gardien des aînés

Anne-Laure
Anne-Laure Favereaux
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À l’ère où les aînés sont réduits à un marché lucratif au point d’en oublier la dimension humaine, l’implication de la directrice de la résidence Outremont est notable. Line Vincelli est intarissable lorsqu’il s’agit de parler de «ses» résidents.

Line Vincelli (Photo: Alarie photos)

Au-delà de son travail quotidien, c’est sa passion et son engagement qui se perçoivent tout au fil de la discussion.

Infirmière au Sacré-Cœur depuis 15 ans, en 1999, l’Italienne d’origine est frustrée de ne pouvoir accorder plus de temps à ses patients. Lorsqu’on lui propose de prendre la direction de la résidence Outremont, elle ambitionne de la transformer en auberge: «un lieu avec une bonne table et un accueil chaleureux».

«C’est important que les gens qui viennent ici se rendent compte qu’ils ne perdent rien, qu’ils viennent en chercher davantage. C’est un lieu où ils vont se sentir en sécurité et profiter de la vie. On dirait que les gens pensent que lorsque l’on atteint 80 ou 90 ans, on devient bête. C’est tellement pas ça! Je lutte contre la discrimination de l’âge. Depuis 12 ans, mes résidents m’ont transformée, ils me font réfléchir», dit Line Vincelli sans jamais se départir de son sourire.

Bien vivre: le secret de la vieillesse

Depuis, elle se consacre corps et âme à cette «deuxième famille», au point d’avoir compromis sa vie personnelle. Sa motivation? Rendre belle la vie des aînés.

«Je valorise la vie. Je trouve ça injuste que l’on vienne au monde pour mourir. On a juste une vie et c’est important de bien la vivre. Retrouver quelqu’un au bout de quelques mois avec les pommettes rouges et les yeux pétillants c’est ce qui m’énergise. Être dans la vie et dans l’action, c’est aussi important que bien manger; je fais du ménage dans les pilules. Je ne suis pas un promoteur immobilier, je suis une infirmière», insiste-t-elle.

"Je ne suis pas un promoteur immobilier, je suis une infirmière" Line Vincelli, directrice de la résidence Outremont

Une maison Carpe Diem

Mme Vincelli se voit naturellement profiter de ses derniers jours ici. Mais il lui reste un dernier vœu à réaliser: mettre sur pied une maison Carpe Diem, qui accueillerait une trentaine de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

«Je suis contre embarrer les gens. Même si la personne ne se souvient pas, le moment qu’elle mange son filet mignon elle le trouve bon, qu’elle reçoit ses 14 touchers, ça lui fait du bien.»

En attendant, elle continue de s’occuper de ses 36 résidents «de la tête aux pieds».

Line Vincelli en trois questions… Qui est votre modèle?

L’abbé Pierre et Docteur Quinn.

Quel est votre plus grande réalisation?

Mon auberge, ça touche l’être humain.

Si vous pouviez changer une seule chose au monde?

Que les gens puissent apprécier ce qu’ils ont et arrêter de chercher ailleurs. Dans la vie, il y a aura toujours des meilleurs que nous. Si on est toujours à envier, on ne sera jamais heureux. Il faut apprécier ce que l’on a et non ce que l’on n’a pas.

Organisations: Carpe Diem

Lieux géographiques: Outremont

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