À l'initiative d'Opération surveillance Anjou (OSA), le jeune graffiteur sera présent au kiosque de l'organisme lors de la fête de la famille de l'arrondissement. Le directeur d'OSA, David Contant, et la conseillère en prévention de l'organisme, Isabelle Boily, veulent ainsi présenter aux jeunes un modèle positif de graffiteur.
Arpi, qui se présente sous son nom d'artiste, a le dessin dans le sang. Depuis sa tendre enfance, il s'exprime à travers le dessin. Vers l'âge de 13 ans, il a découvert les graffitis. Il s'est immédiatement intéressé à cette forme d'art. Sur papier d'abord, il a exploré ce moyen d'expression et a développé son propre style. À 18 ans, il s'y est vraiment consacré. Il apprécie le fait que les graffitis ont un caractère permanent. « Contrairement aux dessins qui demeurent dans les tiroirs, les graffitis sont exposés en permanence et survivent à toutes les intempéries », mentionne Arpi.
Le jeune graffiteur prévient toutefois qu'il a des valeurs qu'il respecte en tout temps. « Je n'endommage pas le bien des autres et je n'abîme pas le mobilier urbain », note-t-il, en rappelant qu'il y a des conséquences légales à faire des graffitis sur le bien d'autrui. « Les jeunes qui protestent en faisant des graffitis sur les biens publics ne pensent pas que c'est inutile, parce que pendant qu'un gars est payé à effacer cela, cet argent ne sert pas à d'autre chose pour eux. Il faut choisir ses actions. C'est moins éphémère quand on a l'autorisation, parce que ça ne sera pas effacé le lendemain », calcule-t-il.
Arpi dessine ses fresques sur des murs où il a eu préalablement l'autorisation de peinturer. En fait, il vit maintenant de son art grâce à des contrats. Il s'assure aussi de se protéger en portant un masque pour éviter les émanations toxiques de ses bonbonnes d'aérosol. Ses œuvres ne sont pas faites à la sauvette et il peut se permettre d'y travailler avec plus de minutie.
Le directeur d'OSA souhaite que les jeunes profitent de la présence d'Arpi pour s'intéresser aux graffitis légaux et, parallèlement, il espère que les plus âgés s'ouvriront à cet art qui fascine les jeunes. « Les jeunes sont attirés par cela et on ne peut rien y faire. On veut que les gens qui ont des postes clés sachent que les jeunes ont des goûts fort différents d'avant. Il vaut mieux encadrer cela que d'essayer de l'éliminer », fait valoir M. Contant en faisant valoir les avantages d'ériger des murs légaux pour les graffiteurs. « On veut démystifier les graffitis, les endroits où l'on peut en faire et comment on peut procéder pour en faire. On veut trouver des solutions pour canaliser l'énergie des jeunes de façon légale », note le directeur de l'organisme en prévention de la criminalité.
Découvrir les graffitis sous un autre jour
Les jeunes sont invités à découvrir le monde des graffitis avec un autre œil. Arpi, un graffiteur professionnel âgé de 23 ans, a accepté de s'ouvrir pour faire découvrir son art qui peut se pratiquer en toute légalité.
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