Une autre étape vient d’être franchie dans l’amélioration de la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent. En conférence de presse la semaine dernière, le comité ZIP Jacques-Cartier a annoncé la fin des travaux de décontamination des baies situées dans les cellules 1 et 3 du secteur 103 du port de Montréal. Une opération qui a nécessité 10 ans de travail et des investissements de 10 M$.
Au total, ce sont 52 000 mètres cubes de sédiments contaminés qui ont été retirés du fleuve Saint-Laurent. On parle d’hydrocarbures et de métaux lourds présents dans le milieu aquatique depuis les années 1920. « Dans toute la zone portuaire, il y a des endroits qui ont un certain niveau de contamination, explique la directrice du comité ZIP Jacques-Cartier, Chantal Rouleau. Tout le monde – la Ville, les industries – a rejeté dans le fleuve à une époque où on se permettait de le faire. Entre les années 1920 et les années 1970, rien n’empêchait cette action et on ne connaissait pas les conséquences. »
Les travaux qui ont été réalisés dans le secteur 103 ont permis l’enlèvement de plus de 98 % des sédiments contaminés présents dans le milieu aquatique. Normalement, pour ce genre de projet, le taux d’efficacité se situe autour de 90 %.
À l’origine, la décontamination devait coûter autour de 7 M$. Au final, ce sont 10 M$ qui auront été dépensés. Une somme entièrement assumée par l’industrie, soit l'Administration portuaire de Montréal, la compagnie pétrolière Impériale, Produits Shell Canada et Xstrata Copper.
« C’est la première fois au Canada qu’un projet semblable est réalisé et financé entièrement par l’industrie, sans subvention gouvernementale », souligne Chantal Rouleau. Les différents paliers de gouvernement – la Ville de Montréal, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec et Environnement Canada – ont quand même joué un rôle important dans la réussite du projet, à titre de collaborateurs.
Pour Claire Vanier, membre du conseil d’administration du comité ZIP Jacques-Cartier et qui a participé activement à la mise en place du comité consultatif à l’origine du projet, le point fort de la réussite de cette action est la concertation et le lien de confiance qui a été établi entre les différents partenaires. « On inventait, on créait à mesure, on n’avait pas d’exemple, dit-elle. Maintenant que c’est fait, on sait que c’est possible. Les autres projets de décontamination devraient être réalisables », espère-t-elle.
« On va se servir de cette expérience pour tous les autres sites qu’il reste à décontaminer, souligne, pour sa part, la députée de la Pointe-de-l'Île, Francine Lalonde. Il faudra cesser de contaminer pour l’avenir de nos petits enfants. Dans cette affaire, les lois ne suffisent pas. La concertation des différents agents est une nécessité. » Également présente à l’événement, la nouvelle députée de Pointe-aux-Trembles, Nicole Léger, a souligné l’importance du travail accompli pour la reconnaissance du caractère public de l’eau. Elle a assuré de son soutien pour les autres actions qui seront menées en ce sens.
Prochaine étapeLe projet de restauration des boues du secteur 103 n’est que le début, selon Chantal Rouleau. Celle-ci précise que la prochaine étape prévue dans le plan d’action et de réhabilitation du comité ZIP Jacques-Cartier est la réhabilitation de la zone 110, située tout près. Un projet qu’elle souhaiterait voir réaliser en moins de 10 ans.
