Le bénévolat en perte de vitesse



Le bénévolat en perte de vitesse

Le bénévolat en perte de vitesse

Audrey Gagnon
Publié le 22 Octobre 2007
Publié le 16 Février 2010
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Les centres d'action bénévole s'essoufflent

Les centres d'action bénévole sont à bout de souffle. Ils peinent à recruter des bénévoles pour répondre adéquatement aux besoins des gens, spécialement en ce qui a trait à l'accompagnement des personnes âgées ou à mobilité réduite à leurs rendez-vous médicaux. Cette situation dure depuis quelques années maintenant et semble généralisée à l'ensemble de l'île de Montréal. Si la tendance se maintient, certains services pourraient disparaître.

Sujets :
Le service , Centre d'action bénévole de Montréal , Service bénévole , Rivière-des-Prairies , Montréal , Montréal-Nord

Au Centre d'action bénévole (CAB) de Rivière-des-Prairies, le nombre d'accompagnements est en baisse depuis le début des années 2000. Sans pouvoir donner la raison précise de cet essoufflement, la coordonnatrice de l'organisme, Marie-Thérèse Challer, tente tout de même une réponse: « La société a changé. Je pense que l'année 2000 a profondément marqué les esprits. C'est comme si les gens avaient pris d'autres résolutions. »

Même situation du côté de la coordonnatrice du CAB de Montréal-Nord, Josée Aubertin. « On constate une baisse constante des accompagnements depuis trois ans », dit-elle.

Pour tenter de renverser la vapeur, les dirigeants des centres d'action bénévole font preuve de créativité.

L'an dernier, ils ont lancé une vaste campagne de recrutement durant laquelle environ 10 000 napperons de papier ont été distribués un peu partout pour inciter les gens à s'investir dans le bénévolat. Malheureusement, « il n'y a pas eu de retombées concrètes » de cette campagne, se désole Mme Aubertin. Cette dernière pense maintenant aller dans les entreprises pour rencontrer les employés afin de leur exposer les avantages du bénévolat.

Payer de sa santé

Le service pour lequel les CAB ont le plus de mal à recruter des gens, c'est pour les accompagnements des personnes âgées ou ayant des difficultés motrices à leurs rendez-vous médicaux. Ce service est offert par une majorité de centres. « Comme forme de bénévolat, c'est très exigeant, explique Kevin Kohalan, directeur du Centre d'action bénévole de Montréal. Le bénévole doit se rendre chez la personne pour la chercher et l'emmener à l'hôpital, puis la reconduire chez elle par la suite. Entre temps, il y a l'attente qui peut durer parfois plusieurs heures. En plus, les gens doivent avoir leur propre véhicule. » Le kilométrage est toutefois remboursé aux bénévoles, à raison d'environ 40 cents du kilomètre.

À Rivière-des-Prairies, la coordonnatrice du CAB tente une nouvelle formule: « On va voir dans les résidences pour personnes âgées si on ne pourrait pas trouver des gens qui accepteraient d'accompagner d'autres personnes résidentes au même endroit dans les hôpitaux de leur choix », explique Mme Challer. De cette manière, on sauve le temps de déplacement et le kilométrage pour se rendre chez le bénéficiaire.

En raison de ce que ce type de service exige du bénévole, les dirigeants des centres d'action bénévole doivent davantage se tourner vers les retraités pour répondre aux demandes. Le hic, explique M. Kohalan, c'est que « les nouveaux retraités ne pensent pas nécessairement au bénévolat dans les premières années de leur retraite. Ils vont d'abord faire des loisirs, voyager. Après quelques années seulement, le bénévolat va émerger comme une alternative, mais pas au début. »

Résultat: Il arrive souvent que les bénévoles soient aussi âgés que les bénéficaires. « La relève est difficile à trouver », soutient Josée Aubertin, du CAB de Montréal-Nord.

Les besoins, eux, continuent de croître, notamment en raison du vieillissement de la population.

L'an dernier, le Service bénévole de l'Est, qui dessert tout l'est de Montréal, à l'exception de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies, a reçu quelque 2300 demandes d'aide, et à peine 1500 d'entre elles ont pu être répondues. Dans l'ouest de l'île, certains centres d'action bénévole ont carrément coupé le service.

L'impact de cette pénurie de bénévoles pourrait finir par coûter cher. Certaines personnes, faute de pouvoir être accompagnées, vont parfois jusqu'à annuler leur rendez-vous. Ils pourraient donc payer de leur santé.

Un problème qui en soulève un autre

Toutes les personnes à qui nous avons parlé s'entendent pour dire que le problème du transport pour les personnes dans le besoin est rendu trop complexe pour qu'il soit laissé aux seules mains des organismes communautaires. Elles estiment qu'il s'agit d'un service essentiel et que l'État devra, un jour ou l'autre, reprendre du service dans le dossier.

À suivre dans le Montréal Express.

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