Pourtant, un campamento n'en serait pas un vrai sans imprévu… Ainsi, sur l'heure du midi, une toile que nous avions installée pour protéger les enfants du soleil est partie au vent, arrachant un poteau d'électricité sur son passage. Donc, impossible de faire jouer les enfants dans la cour d'école. Imprévu total! Vite la solution! On a donc appelé en vitesse l'électricien du barrio et on a rassemblé tous les enfants afin de chanter avec eux pendant 40 minutes, puis on a donné la collation et hop… le campamento du barrio de Rio Mar s'est terminé dans la joie!
Je parle espagnol !
Trois semaines se sont écoulées depuis ma dernière chronique sur mon stage de coopération internationale en République Dominicaine avec la fondation Maximo Gomez. Je dois dire que j'en ai vécu des aventures depuis! Pour moi, ça été le « sprint » final pour tout mettre en place pour mon « campamento » dans le barrio de Rio Mar. En fait, une grande partie de mon travail ici était d'organiser avec les femmes qui travaillent dans les salles d'aide aux devoirs (faciladoras) avec des enfants ayant des difficultés d'apprentissage, une journée de camps de jour sur les thèmes de la communication, de l'hygiene et de la violence, afin d'associer le plaisir de jouer et d'apprendre à la salle d'aide aux devoirs. Dans ce projet, beaucoup de défis m'attendaient. D'abord, celui de la langue : en arrivant ici, je ne parlais que très sommairement l'espagnol. Et je dois avouer que cela a causé des tensions entre une des « facilidadoras » et moi. Je crois qu'elle ne comprenait pas que je ne pouvais pas parler l'espagnol parfaitement après seulement deux semaines. Heureusement, la coordonnatrice du projet a eu une conversation sur le sujet avec elle. Puis, celui du temps : rassembler toutes les informations nécessaires à la création d'un rapport sur le barrio (quartier), faire les inscriptions, trouver les activités, acheter le matériel, préparer les activités, l'horaire, les fiches d'inscription, le plan des rencontres… et tout cela en plus ou moins un mois. Ensuite, la culture. Organiser une journée comme celle-ci ne veut pas seulement dire trouver des jeux de camps de jour du Québec et les importer ici. Cela signifie plutôt apprendre à connaître les problématiques locales afin de bien cerner les activités qui seront adaptées au milieu de vie des enfants et à l'âge de ceux-ci. Enfin, l'horaire. Au milieu de toute cette préparation, je commence à travailler sur le prochain projet : une semaine de micro-projet sur la sexualité avec des jeunes de 15 a 20 ans. Bref, jai eu du pain sur la planche! L'atmosphère dans laquelle j'ai travaillé était vraiment efervescente. Voici donc les activités que nous avons montées : 1- El teatro de la violencia infantil Avec des marionnettes, des « facilidadores » et des bénévoles faisaient des scènettes montrant des scènes de violence et proposaient des solutions aux enfants. Après, les enfants pouvaient s'exprimer sur ce qu'ils vivent à la maison et par la suite jouer à des jeux de groupe. 2-El muneco sucio y el muneco limpio Deux grands bonhommes etaient dessinés sur des pancantes. Les enfants devaient dire les différences entre le bonhomme sale et le bonhomme propre. Après les « facilidadoras » montraient avec du shampoing, du savon et des brosses à dents comment garder une bonne hygiène comme le bonhomme propre. Ensuite, les enfants chantaient des chansons inventées sur les habitudes d'hygiène afin de bien se les remémorer. 3-El teatro de los derechos infantiles Sur une pancarte etaient écrits tous les droits des enfants. Une « facilidadoras » les lisait et disait aux enfants : « Qu'est-ce que cela veut dire pour toi ? ». Ils s'exprimaient alors et cela donnait souvent lieu à des discussions où les enfants parlaient de ce qu'ils vivaient à la maison. 4-Dibuja que hay en tu Corazón Dans un coeur, les enfants dessinaient ce qu'ils aimaient : leurs familles, leur ecole, leurs rêves, etc. 5-Tu personalidad Les enfants dessinaient leurs visages et ajoutaient sur le côté une de leurs qualités. 6-Dinamicas Ici, les enfants lâchaient leur fou ! Les animatrices les faisaient jouer à des jeux et chanter des chansons. Après tant de préparations, le grand jour est arrivé! J'avais hâte de voir ce que tous mes efforts avaient donné. Je me suis d'abord levée à 6 h du matin, car je devais finir de préparer un cours de français particulier par un Dominicain de la fondation qui participera à un stage réciprocité avec Québec Sans Frontières. Il devra apprendre le français rapidement, car il viendra au Québec l'année prochaine! Puis, à 7 h 30, je me suis rendue à la fondation avec tous les bénévoles, les « facilidadoras » et mon groupe pour tout aller préparer. Le stress a monté… Nous nous sommes tous rendus dans le barrio de Rio Mar, un des quartiers les plus pauvres dans lequel nous travaillons. Je l'ai clairement remarqué lorsque j'ai été faire les inscriptions avec Yamali, une des « facilidadoras » avec qui je travaille. Plusieurs maisons sont faites en ciment, mais aussi en bois ou encore en tôle avec un plancher de terre battue. Bref, j'ai couru partout pour accrocher les pancartes, m'assurer que tout le monde avait son matériel, que tous comprenaient les activités, etc. Et à 9 h, tout a commencé! Le camp de jour était sous forme de foire. Des « facilidadoras » étaient associés à un groupe d'enfants, d'autres à des activités en particulier. Aux 30 minutes, tous les groupes d'enfants changeaient d'activités en même temps. L'ultime défi était de garder l'ordre dans le petit terrain de l'école. Ouf! L'organisation était à son comble. Et avec plus de 200 jeunes, 15 « facilidadoras » et environ 47 bénévoles, c'était quelque chose. Encore une fois, j'ai couru partout pour que les changements se fassent à l'heure et que les collations ne se fassent pas dans le chaos. Et victoire! Tout c'est très bien passé. J'ai parlé en espagnol toute la journée et j'ai vraiment réussi a me faire bien comprendre! Les activités prévues ont bien fonctionné et tout était organisé au quart de tour. En résume, j'ai évité le chaos (assez commun selon le rythme latino américain!), et le plus important, les enfants se sont amusés! Quelle journée intense! Bien sûr, il y avait des améliorations à faire, mais en gros, tout est allé comme sur des roulettes et les enfants ont pu apprendre sur des thèmes qui les touchent tout en s'amusant!
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