Le clavier Interac étant vissé sur le comptoir, Mme Gauthier a demandé à ce qu'on le dévisse pour qu'elle puisse ainsi faire sa transaction en toute sécurité, elle qui se déplace en fauteuil roulant. La caissière n'ayant pas la clé pour débarrer l'appareil en question, elle a dû appeler une autre commis.
Les deux femmes ont passé plus de cinq minutes à tenter de dévisser le clavier, sans succès. Puis, l'une d'elles est allée chercher le gérant. Ce dernier a finalement réussi à dévisser l'appareil Interac pour que Mme Gauthier puisse faire sa transaction. Il aura donc fallu plus de 7 minutes pour que cette dernière paye sa facture.
« Imaginez si on avait été dans la grosse période du temps des fêtes, dit Mme Gauthier. Une situation comme celle-ci, ce n'est pas drôle pour moi, ni pour la caissière. Pourtant, cela ne prendrait pas grand-chose pour corriger la situation actuelle. »
Le gérant du Pharmaprix explique: « On avait des problèmes de vol de clavier et il nous a fallu changer nos terminaux, en juillet dernier. Les filles ne sont donc pas encore habituées à le dévisser quand arrive une personne handicapée. »
Il est à noter que depuis deux ans environ, les terminaux au point de vente sont enchâssés dans des socles ou rivés sur le comptoir, évitant ainsi le vol des appareils. Mme Gauthier comprend la situation et salue le geste fait par Interac, mais souligne du même souffle que « ceci fait en sorte qu'une personne en fauteuil roulant ou de petite taille ne voit pas ce qui est écrit sur l'écran à cristaux liquides de l'appareil, alors que tout le monde autour peut voir. »
La solution: « Il faut donc que les claviers soient adaptés avec un mode de verrou ou relié à un câble plus rigide étant impossible à sectionner pour les voleurs », explique la femme en chaise roulante.
Cette situation n'est qu'un exemple parmi tant d'autres dans la vie courante de Mme Gauthier.
« Si vous saviez tous les problèmes auxquels nous faisons face, jour après jour. Il y a les claviers Interac trop hauts et inaccessibles, mais aussi les cabines d'essayage trop petites, les chaînes de trottoir trop hautes, les édifices municipaux non conformes… et c'est sans compter les gens qui se stationnent dans les places réservées pour les personnes handicapées. Il faut toujours se battre pour faire valoir nos droits. Et on ne demande pas la lune; simplement d'être traité comme les autres, d'avoir les mêmes services », indique-t-elle.
