L’exploitation de possibles gisements d’uranium sur la Côte-Nord n’a même pas commencé qu’elle a déjà suscité une très large opposition. Le conseil municipal de Sept-Îles réclame un moratoire complet sur les travaux d'exploration et d'exploitation près de la municipalité. Le projet d'exploration d'uranium du lac Kachiwiss se trouve à quelques kilomètres de la seule source d'eau potable de Sept-Îles. Une trentaine de médecins du CSSS Sept-Îles se sont prononcés contre l'exploitation de l'uranium en Basse Côte-Nord menaçant même la région si les activités d'exploration d’uranium se poursuivaient. Début février, le Parti Québécois a demandé au gouvernement Charest d'adopter un moratoire sur l'exploitation et l'exploration de l'uranium. L'opposition officielle demande que soit étudié l'impact de l'uranium sur la santé et l'environnement avant que son exploration ne soit permise. En guise de réponse, le directeur général de l'Association de l'exploration minière du Québec, Jean-Pierre Thomassin, a affirmé qu'il « n'y a aucun risque à la prospection d'uranium », ajoutant être « surpris de la sortie des médecins. Ils n'ont aucune preuve de ce qu'ils avancent. Je suis certain que la fameuse Coalition Sortons le Québec du nucléaire est derrière tout ça ». Disons que ce genre de réponse n’est pas tellement de nature à faire avancer le débat et relève plus de la théorie du grand complot que des faits. En effet, ce n’est pas d’hier que l’on extrait de l’uranium sur cette planète et il existe en conséquence une littérature scientifique et médicale très abondante sur le sujet. L’étudier attentivement et avec impartialité s’impose. Finalement j’aimerais signaler l’existence d’une autre « menace nucléaire » visant la Côte Nord : celle de l’enfouissement de déchets nucléaires. Il y a quelques années de cela, la firme SECURAD avait manifesté son intérêt pour l’enfouissement de déchets radioactifs sur la Basse Côte Nord. À la même époque, les élus de la région déclaraient ne pas fermer la porte à cette option qui transformerait pourtant la région en dépotoir pour les déchets radioactifs du Canada, et peut-être même de l’Amérique du Nord. Dans un cas comme dans l’autre, la population et les élus de la région devront garder l’œil ouvert. Steven Guilbeault
