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Un Pointelier de 81 ans né au Québec se voit refuser la citoyenneté canadienne

Vincent Lanctôt par Vincent Lanctôt
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Article mis en ligne le 27 juin 2007 à 15:48
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Un Pointelier de 81 ans né au Québec se voit refuser la citoyenneté canadienne
La députée de La Pointe-de-l’Île, Francine Lalonde, s’est portée à la défense de Guy Vallière afin qu’il puisse récupérer sa citoyenneté canadienne. (Photo : Patrick Deschamps)
Un Pointelier de 81 ans né au Québec se voit refuser la citoyenneté canadienne
Guy Vallière, un Pointelier né au Québec et aujourd’hui âgé de 81 ans, s’est vu refuser la citoyenneté canadienne en raison d’une loi qui a été en vigueur de 1947 à 1977. De 100 000 à 200 000 Canadiens seraient dans la même situation.
Né au Québec d’une mère canadienne et d’un père américain, Guy Vallière a passé la majeure partie de sa vie au Canada. Il a élevé ses trois filles, a joint l’armée et a travaillé pour le Canadien National. En 1970, à l’âge de 44 ans, l’homme est parti vivre aux États-Unis et en 1974, il a acquis sa citoyenneté américaine, qui lui était due en raison du fait que son père est Américain.

Guy Vallière est récemment revenu au Québec afin de vivre avec sa fille, qui prend soin de lui. À cause d’un état de santé déclinant, il a demandé une carte d’assurance-maladie, demande qui lui a été refusée en raison du fait qu’il n’était pas citoyen canadien.

En effet, une loi en vigueur de 1947 à 1977 interdisait la double citoyenneté. Ainsi, selon le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, lorsque Guy Vallière a fait sa demande de citoyenneté en 1974, il a automatiquement renoncé à sa citoyenneté canadienne.
Problèmes administratifs
Selon sa fille Michelle, Guy Vallière n’a jamais renoncé à sa citoyenneté canadienne. « Le ministère nous a demandé une copie du certificat de citoyenneté, à l’endos duquel mon père devait avoir signé une renonciation de ses autres citoyennetés. Or, il n’y a aucun formulaire derrière ce certificat », souligne-t-elle, exhibant l’endos du certificat original, qui ne contient aucune inscription.
Les Vallière remettent aussi en doute le fait que la citoyenneté ait été obtenue en 1974. « Comme le père de mon père est Américain, il était citoyen américain de naissance. Lorsqu’il a fait ses démarches pour devenir citoyen américain, le gouvernement lui avait d’ailleurs répondu qu’il n’avait pas de demande formelle à faire, car il était déjà considéré comme un citoyen américain », précise Michelle Vallière.

Le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration refuse toujours d’accorder la citoyenneté canadienne à Guy Vallière et l’invite même à déposer une demande de résident permanent. Un geste qu’il refuse de faire. « Mon père est canadien, il a droit à sa citoyenneté. C’est donc inacceptable de passer par un processus de demande de résident permanent, une démarche qui coûte des milliers de dollars », explique sa fille.
Devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration
Récemment mise au courant de la situation des Vallière, la députée de La Pointe-de-l’Île, Francine Lalonde, a tout mis en œuvre pour permettre à Guy Vallière de retrouver sa citoyenneté. « On ne peut qu’être outré de la situation et du comportement du ministère, d’autant plus que M. Vallière a passé plus de la moitié de sa vie au Canada. Il y a élevé sa famille, a eu un travail au Canada pendant plusieurs années et a même servi dans l’armée! C’est du pur acharnement sans fondement », s’est indignée la députée.
Le 29 mai dernier, Guy Vallière et sa fille se sont rendus à Ottawa afin de témoigner devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration. Ce jour-là, le comité se penchait sur le cas de Canadiens dans la même situation que M. Vallière. « Selon les données d’un homme dans la même situation que M. Vallière qui a fondé le site lostcanadian.com, de 100 000 à 200 000 Canadiens ne seraient pas considérés comme citoyens par le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. D’ailleurs, même des députés se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas citoyens canadiens en vertu de cette loi », signale Francine Lalonde.

Peu de temps après la comparution de ces Canadiens qui ne le sont pas vraiment, la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Diane Finley, a annoncé son intention de modifier la Loi sur la citoyenneté afin de rétablir le statut de milliers de Canadiens. Par contre, la modification proposée ne s’appliquerait pas à Guy Vallière. « M. Vallière vit une situation particulière qui ne cadre pas avec les cas types qui seront touchés par le futur projet de loi. C’est pourquoi nous sommes déterminés à aller au bout de cette affaire afin qu’il obtienne sa citoyenneté », a déclaré Francine Lalonde.

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