André Boisclair souligne les 30 ans de la Loi 101
La Loi 101, gardienne de la langue française, célèbre son 30e anniversaire cette année. « La question de la langue française est au cœur de mon engagement depuis le début et je tiens à joindre ma voix à celle des Pointeliers pour célébrer avec force cette loi », souligne le député péquiste de Pointe-aux-Trembles, André Boisclair. Une loi qui a changé le visage du Québec, de Montréal et du quartier!
En 1977, l’expression « né pour un petit pain », trouvait son illustration quotidienne pour toute une génération d’ouvriers. À l’époque, parler français était une tare économique. Le rapport Gendron, publié sept ans avant l’adoption de la Charte de la langue française, la Loi 101, indiquait clairement que le groupe le plus défavorisé économiquement était les francophones unilingues, loin après les anglophones bilingues, les anglophones unilingues, les allophones parlant anglais et même derrière les allophones parlant français.
« C’était vrai pour beaucoup de travailleurs des usines de Pointe-aux-Trembles qui devaient composer avec des patrons anglophones, des manuels en anglais », indique André Boisclair. Pour grimper les échelons et devenir « foreman », il fallait absolument parler « english ». En adoptant la Loi 101, le 26 août 1977, le gouvernement de René Lévesque a fait du français la langue de l'administration publique, de l'enseignement, du travail et de l'affichage au Québec. Un changement qui a permis aux francophones une importante avancée dans le monde du travail.
« Il faut reconnaître aujourd’hui le caractère visionnaire de Camille Laurin, homme politique à l’origine de cette loi, et de Marcel Léger, fervent défenseur de la langue française qui a toujours été aux côtés du député de Bourget. » En hommage au père de la Loi 101, André Boisclair, à l’instar des autres députés du Parti québécois, aimerait que l’édifice de l’Office de la langue française, rue Sherbrooke, soit renommé Camille Laurin.
Encore fragile, malgré tout
Et, même si elle est bien protégée, la langue française subit encore les assauts de la majorité anglophone, s’inquiète André Boisclair. « On ne peut continuer d’étioler les fondements mêmes de la langue française, surtout à Montréal », faisant référence notamment à la décision de la Cour d’appel du Québec d’abroger la Loi 104. Cette législation, adoptée en 2002, venait colmater une brèche dans la Loi 101. Les enfants inscrits dans une école anglophone privée non subventionnée gagnaient ainsi un passe-droit pour passer directement au système public, tout comme leurs frères et sœurs.
La décision est présentement réexaminée par la Cour suprême. « Cet exemple est venu démontrer la fragilité de la langue française. Cela aurait permis aux plus fortunés de passer au-dessus de la loi. Entre 1997 et 2002 seulement, 4000 enfants ont bénéficié de l’échappatoire. » En effet, la Loi 101 rend obligatoire l’école en français pour tous, sauf si les écoliers ont fréquenté une école anglophone dans une autre province du Canada.
Et les Pointeliers ont été nombreux à faire part de leur inquiétude à ce sujet à leur député. « Les citoyens de Pointe-aux-Trembles sont fortement attachés à la langue française. Il faut qu’ils se fassent entendre d’une façon claire : c’est une décision inacceptable », que d’attaquer les fondements mêmes de la Loi 101. Reprenant les propos de Bernard Landry, André Boisclair ajoute que le Québec n’est ni bilingue, ni multiculturel.