Accès réduit au dépôt à neige d'Anjou
Luis Miranda espère une aide financière de la Ville
Les précipitations abondantes de neige forcent l'arrondissement d'Anjou à limiter l'accès à son dépôt à neige.
Dorénavant, les arrondissements de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles, qui utilisent habituellement le site angevin, ne peuvent plus le faire. L'espace disponible limité a obligé l'arrondissement d'Anjou à prendre cette décision.
« Je n'ai jamais vu cela en 18 ans de carrière. C'est véritablement l'enfer et si ça continue comme ça, nous aurons de sérieux problèmes », de dire Luis Miranda, maire d'Anjou.
Actuellement, le dépôt à neige angevin est utilisé à plus de 80 % de sa capacité. Les dernières bordées de neige pourraient bien faire grimper ce pourcentage à près de 100 % (les données n'étaient pas encore disponibles au moment de mettre sous presse). Si tel est le cas, l'arrondissement d'Anjou devra alors trouver de nouvelles alternatives pour entreposer son or blanc.
Ce qui signifie concrètement pour Anjou, de devoir utiliser des sites disponibles dans les arrondissements voisins, avec tout ce que cela comporte en frais supplémentaires. Il est clair que cela coûte plus cher si l'arrondissement doit déposer sa neige sur des sites hors territoire. Dans ce cas, les dépenses d'essence et les frais de base de déchargement augmentent. L'organisation et les horaires de travail demandent toute une gymnastique pour maximiser le temps et faciliter les opérations.
« Nous ne pouvons rien faire de plus que d'espérer un revirement de situation », note le magistrat angevin.
Déficit
En plus des problèmes de logistique, les quantités de neige reçues font exploser le budget 2007 de déneigement de certains arrondissements. À Anjou, on parle d'un déficit approximatif de 1,7 M$. Le maire espère donc un coup de pouce financier de la part de la Ville-centrale.
« Nous sommes le seul arrondissement qui ne disposons pas de surplus budgétaire. Au contraire, nous avons réalisé un déficit pour l'année 2006. Pour 2007, nous avons rationnalisé nos dépenses de 500 000 $. Malgré tout, ce ne sera probablement pas suffisant pour faire face à un hiver comme celui que l'on connaît cette année. »
À la lumière des commentaires faits ces dernières semaines par le maire de Montréal, Gérald Tremblay, la tâche de M. Miranda s'annonce difficile, mais celui-ci est « prêt à aller à la guerre ».
« Ça fait des années que je réclame une hausse de notre dotation, que je me plains que des arrondissements, comme celui de Lachine, reçoivent davantage que nous, bien que nous soyons de taille comparable. Cette fois, c'est assez ! »
S'il le faut, M. Miranda est prêt à durcir le ton et promet que le maire Tremblay le trouvera sur sa route. Il a l'intention de revendiquer sa juste part auprès de l'administration centrale.
Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles
La décision de l'arrondissement d'Anjou a obligé son voisin de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles à mettre en place de nouvelles mesures pour faire face à la situation et pallier à la perte du site angevin.
L'arrondissement a identifié quelques emplacements qu'il possède pour les convertir en site d'entassement de la neige au besoin. Pour ce faire, l'arrondissement a besoin de l'approbation du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Les demandes ont été faites et les réponses devraient arriver sous peu.
Entretemps, l'arrondissement continue d'utiliser ses deux autres sites habituels, celui d'Armand-Chaput et la carrière Lafarge.
« Le site Armand-Chaput commence lui aussi à être plein. Pour les précipitations du 12 février, nous estimons que la situation devrait être sous contrôle. Rien ne nous garantit qu'il restera de la place à Armand-Chaput pour les bordées suivantes. C'est pourquoi nous sommes en pourparlers avec le ministère », explique Jean-François Circé, chargé de communication à l'arrondissement de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles.