« Le déversement n'avait pas été caché »
Chantal Rouleau, de la ZIP Jacques-Cartier
Le déversement de paraxylène survenu en 2003 « n'a pas été caché », affirme Chantal Rouleau, coordonnatrice du comité ZIP Jacques-Cartier. Elle déplore toutefois que l'information ait mis trop de temps avant d'être rendue publique.
« L'incident s'est produit en avril. Coastal et Ultramar sont venues nous rencontrer en octobre pour nous informer de la situation, parce que ça touchait le fleuve. On ne peut pas donc dire que ça a été caché, mais ça a pris du temps avant qu'on le sache et c'est ce qu'on déplore », dit-elle.
Avec le recul, Mme Rouleau croit que l'information aurait dû être dévoilée à plus grande échelle. Elle estime aussi que ce type d'événement devra, à l'avenir, faire l'objet d'un meilleur suivi et que des mesures devront être mises en place pour améliorer le système de communications entre les différentes instances.
« Cette histoire doit nous servir de leçon. La population a besoin de savoir ce qui se passe sur le territoire. L'incident n'a pas eu d'impacts dommageables sur le fleuve, mais ça aurait pu. Il faut corriger les façons de faire afin que ça ne se reproduise plus. »
En contrepartie, elle affirme avoir été satisfaite de la façon dont l'événement a été pris en charge à ce moment-là et s'est dit très heureuse de l'ouverture dont les entreprises ont fait preuve. « Il faut savoir que pour elles, ce fut un énorme pas, parce que ça ne faisait pas partie de la culture de l'époque », soutient-elle.
Pas au courant
Rejointe au téléphone la semaine dernière, la députée de l'époque, Nicole Léger, affirme avoir été mise au courant du déversement en même temps que tout le monde. « Je l'ai appris avant hier (en parlant de mardi dernier, au moment où l'information est sortie dans les médias). Je n'étais pas au courant », a-t-elle avoué.
Elle admet toutefois qu'elle aurait dû l'être et se dit irritée d'apprendre ça aujourd'hui. « J'aurais dû être avisée. J'aurais pu moi-même juger de la situation et décider de quelle façon j'aurais avisé les citoyens. »
Mme Léger, candidate du Parti québécois pour la prochaine élection partielle dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, dit cependant n'avoir rien à se reprocher et ne cherche pas à mettre la faute sur personne.
De son côté, la candidate adéquiste, Diane Bellemare, affirme, via un communiqué de presse, qu'une « députée vraiment proche de ses électeurs aurait dû savoir ce qui venait de se passer dans son comté ».
Le président du Parti vert de la circonscription de Pointe-aux-Trembles, Xavier Daxhelet, souligne que « les causes et les conséquences exactes du déversement n'ont encore jamais été révélées ». Il reproche au gouvernement son peu de préoccupation envers les citoyens de l'est de Montréal.