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Un marché public dans le Vieux PAT, une bonne idée?

Article mis en ligne le 13 juin 2008 à 8:27
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Un marché public dans le Vieux PAT, une bonne idée?
Loin de moi l'idée de créer une polémique ou de m'impliquer à nouveau dans la revitalisation du Vieux PAT, je pense que certaines questions auraient pu être posées à ces gens qui pensent avoir trouvé une « bonne idée » ralliant tout le monde.
Premièrement, la CDC et les initiateurs de la pétition doivent parler d'une seule et même voix. Si la CDC ne priorise pas nécessairement le Vieux, on commence bien mal quand on veut parler de la revitalisation du Vieux PAT avec un marché public.

Un marché public pour qu'il fonctionne doit avoir un environnement qui le favorise et ou une histoire.

D'abord, nous devons refaire tout le visage du vieux PAT!

La Ville doit s'entendre avec Bell, Hydro et les autres paliers de gouvernement pour la modification de l'aspect de la place, l'enfouissement des fils, la réfection des coins de rue avec pierre, comme dans le Vieux-Montréal, créant des traverses pour piétons et cyclistes (on comprendra que ce sont des exemples et des idées), et pour ne pas que la rue Notre-Dame soit une autoroute.

Savez-vous que le boulevard Saint-Jean Baptiste, en plus d'être une artère commerciale et résidentielle (avec un nouveau projet de condos, entre autres) est aussi une des plus vielles artères qui relie les deux rives de Montréal, les deux cours d'eau? Et la seule dans l'extrême est de l'île?

Le boulevard Saint-Jean Baptiste ayant aussi son importance commerciale, résidentielle, géographique et historique, doit être aussi pris en compte dans la revitalisation et les travaux qui, s'il y en a un jour, doivent se faire en même temps pour le Vieux et Notre-Dame.

Ensuite, il faut donner des accès au fleuve et aux parcs, trouver de nouveaux commerçants, nous débarrasser des « Pitt Shoes » placardés et autres loques de bâtisses de propriétaires inconnus ou presque, qui n'attendent que l'expropriation « payante ». Il faut des antiquaires, un café bistro, un centre d'art. La revitalisation de ce quartier passe nécessairement et seulement par l'attrait touristique et historique du plus vieux quartier de Montréal après le Vieux-Montréal. Êtes-vous allé visiter les abords du fleuve à Lachine? Je conseille à tous ces nouveaux initiateurs de projets de revitalisation d'aller y jeter un coup d'oeil. De rencontrer aussi les gens qui ont revitalisé le Vieux-Lévis, il y a déjà plusieurs années. Le Plateau et la rue Mont-Royal, ce sont tous des projets qui se sont adaptés à leurs milieux et desquels vous pouvez tirer des leçons.

Il faut cesser de croire en ces foires avec bouts de chapiteau qui s'éteignent d'elles-mêmes à la fin de l'été et dont, pour le manque d'achalandage, nous blâmons la météo. Et encore et toujours les même commerçants sollicités pour aider.

Quand tout ceci sera fait, on pourra penser à un marché public et ceux qui existent déjà, Jean-Talon, Atwater ou Maisonneuve, seront très intéressés à participer au développement de celui du Vieux Pointe-Aux-Trembles.

J'ai été du premier comité pour la culture de PAT, par la suite, j'ai été président de la défunte ABC du Vieux PAT, (Association pour le boum commercial) et je prônais cette approche touristique avec réfection du vieux moulin (créant de l'animation estivale avec des jeunes en costumes d'époque, actionnant le moulin pour moudre la farine, en vente au marché public, et ainsi de suite) pour la mise en valeur du patrimoine bâti. Des travaux et des plans existent pour le nouveau visage du Vieux PAT, mais les changements de d'administration à la Ville (mise sur les tablettes de ces projets) et le manque de volonté des commerçants et des citoyens qui s'opposent constamment à tout et entre eux aussi, comme certains fonctionnaires qui bloquent toute idée a priori, ont eu raison de ma volonté, de mes efforts et de ceux qui travaillaient avec moi. Les gens veulent du « tout de suite, ici et maintenant », mais tout le monde sait qu'un diachylon ne guérit pas la source de la maladie.

À mon avis, un marché public sans tout ce que je viens de vous énumérer, c'est mettre la charrue devant les boeufs et c'est vouer tous ces nouveaux efforts, qui ont été maintes et maintes fois tentés par moi et d'autres par le passé, à l'échec.

Je terminerai quand même par vous dire que je suis content que des gens cherchent encore à revitaliser notre ancien fort. Je pense tout de même qu'il s'agit de projets CULTURELS et COMMERCIAUX IMPORTANTS pour notre fierté, notre appartenance et notre histoire, et ce sont des projets qui doivent relever tout naturellement des gouvernements municipal et provincial.

- Dominique Lévesque, Clowns du Carrousel

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