L’artiste multidisciplinaire Yann Farley invite les gens à vivre une expérience sensorielle technologique. Pour une fois, toucher n’est pas pécher dans une salle d’exposition.
(Photo: Arger Émond)
Ordiculture : quand l’art rencontre la haute technologie
Une expérience sensorielle technologique où toucher n’est pas pécher
Il est très rare que l’on puisse toucher des créations artistiques lors d’une exposition, mais cela sort vraiment de l’ordinaire quand c’est l’une des œuvres exposées qui demande d’être touchée.
C’est pourtant ce qui se passe dans le cadre de l’exposition Ordiculture de Yann Farley qui se déroule jusqu’au dimanche 24 août, à la Maison de la culture Pointe-aux-Trembles (14001, Notre-Dame Est). On pourrait qualifier les œuvres de cet artiste de fusion entre l’art et la robotique. Tant les amateurs d’art, de mécanique que de science-fiction apprécieront l’expérience. En fait, deux des structures exposées sont des robots qui détectent la présence ou l’absence de personnes dans leur entourage et qui interagissent en conséquence.
Lors du vernissage, le samedi 21 juin, adultes comme enfants prenaient un plaisir évident à palper, tapoter ou effleurer les œuvres qui répondaient à ces stimulis par des sifflements, des tremblements, des soupirs, voire des protestations. Mentionnons qu’une des œuvres a d’ailleurs été surnommée « la quémandeuse de caresses » par un collègue d’un hebdomadaire culturel de la métropole.
Yann Farley ne possède pourtant pas de diplôme en informatique ou en ingénierie. Ce résident du village de Sainte-Justine a étudié, voilà quelques années, en arts visuels au Campus Notre-Dame-de-Foy. « C’est là que j’ai appris qu’il était possible pour moi d’obtenir de bonnes notes car, avant d’étudier en arts, j’avais une certaine difficulté avec les matières académiques traditionnelles. C’est là que j’ai compris que j’avais besoin d’avoir les deux mains dans la matière », affirme l’artiste multidisciplinaire. Toutes les informations sur la robotique, les circuits intégrés, la programmation, il les a acquises en autodidacte en navigant sur Internet.
M. Farley indique qu’il apprécie travailler en recyclant des composantes d’articles divers. En regardant de plus près ses œuvres robotisées, les visiteurs pourront reconnaître un moteur de chaise roulante électrique, des roues de bicyclettes, des engrenages de souffleuses à neige…« J’adore jouer avec les matériaux, les formes. Même si j’avais accès aux mêmes connaissances et programmes que des spécialistes informatiques, j’ai gardé ma perception d’artiste, même le dessin de mes circuits intégrés est artistique. C’est certain qu’un ingénieur les auraient dessinés différemment en misant sur l’efficacité plutôt que sur la beauté du jeu de lignes »
L’hiver dernier, Ordiculture a connu un grand succès lors de son passage au Centre national des arts de Jonquière. Une fois l’exposition à Pointe-aux-Trembles terminée, les œuvres robotisées, les photographies et les reproductions format géant de circuits imprimés prendront la direction de Sherbrooke et de Lanaudière.
Informations supplémentaires: 514 872-2240. L’admission est gratuite.
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(Photo: Arger Émond)