Claude Béland et Robert Tremblay présentent les plans de la future Coopérative funéraire de l’île de Montréal.
(Photo: Patrick Deschamps)
La Coopérative funéraire de l’île de Montréal
La Coopérative funéraire de l’île de Montréal se lance dans une importance campagne de recrutement et de financement. Pour atteindre leur objectif de 1000 membres, les fondateurs ont mobilisé Claude Béland, figure de proue du mouvement coopératif.
« J’ai accepté de devenir porte-parole pour une raison bien simple : c’était une coopérative, explique Claude Béland, qui a été à la tête du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000. C’est une forme qui nous a beaucoup aidés au Québec et ailleurs dans le monde, surtout dans un monde qui se déshumanise. »
« Les coopératives funéraires, c’est une façon de répondre à l’invasion de l’économie par des intérêts américains, une façon d’éviter de se faire enterrer par les Américains », renchérit-il. En tant qu’entreprises collectives, les coopératives funéraires sont un outil pour contourner cette mondialisation.
Robert Tremblay, directeur du projet, en sait quelque chose. Travaillant dans une entreprise funéraire québécoise située à Longueuil, il a constaté la différence lorsqu’une compagnie américaine a mis la main sur la bannière où il travaillait comme directeur funéraire. « Pour moi, c’était comme la culture McDonald’s qui s’imposait. Les gens avaient le choix entre des menus dignité. Et j’ai vu à quel point on ne dérogeait pas à ces règles. »
C’est pourquoi l’idée de constituer une coopérative funéraire à Montréal, qui n’en compte aucune, s’imposait. « Cela permet aux membres de se réapproprier la sorte de rituel qu’ils veulent », indique Joseph Giguère, conseiller en économie sociale et en action coopérative. De plus, comme l’entreprise collective ne cherche pas à faire de profits, les coûts pour un service funéraire peuvent être de 1000 $ à 1500 $ de moins en coopérative.
Ouverture prévue ce printemps
Si tout se déroule comme prévu, les portes de la Coopérative funéraire de l’île de Montréal devraient s’ouvrir officiellement au printemps 2009. Il reste encore tous les travaux pour transformer l’ancien buffet Impérial, situé au 9480, rue Notre-Dame Est, à exécuter. Le complexe funéraire de Tétreaultville coûtera 2,750 M$ et comptera trois salons d’exposition, un columbarium, une salle de réception, une chapelle ainsi qu’un laboratoire pour l’embaumement. À cela s’ajoutent 17 000 p2 de terrain qui s’étendent jusqu’aux rives du fleuve Saint-Laurent.
D’ici là, les membres fondateurs de la coopérative multiplient les démarches pour faire mousser leur projet. Au cours des prochains mois, ils tenteront de recueillir 300 000 $ en parts privilégiées institutionnelles. Jusqu’à maintenant, les initiateurs du projet ont réussi à rallier 600 personnes à leur cause. Ils sont sur la bonne voie.
« L’ouverture de cette coopérative dans l’est de Montréal, c’est le point de départ, puisque nous aimerions avoir des points de service partout à Montréal », souligne M. Tremblay.
Pour devenir membre en règle de la coopérative, il suffit de souscrire deux parts sociales de 10 $. Information : 514 303-4888.
(Photo: Patrick Deschamps)