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Sécurité à proximité des industries à risque

l'AGIIR demande à la Ville de Montréal-Est de revoir ses règlements de zonage

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 12 septembre 2008 à 1:00
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Sécurité à proximité des industries à risque
l'AGIIR demande à la Ville de Montréal-Est de revoir ses règlements de zonage
À la suite d'une explosion dans un dépôt de gaz propane survenu à Toronto le 10 août dernier, le maire de la ville-reine, David Miller, a vérifié le zonage des quartiers où les résidences se retrouvent à proximité d'industries à risque. Selon l'Alliance pour une gestion des interfaces industrielles/résidentielles responsable (AGIIR), les villes de Montréal et de Montréal-Est devraient également se livrer à cet exercice.
« À Montréal-Est, aucune zone de protection n'existe actuellement. Plusieurs résidences se retrouvent à moins de 150 mètres des réservoirs de produits pétroliers projetés par la compagnie Canterm », souligne Nicole Loubert, porte-parole de l'AGIIR.

Selon elle, l'ajout de talus à proximité de ces réservoirs, solution actuellement adoptée par la Ville, ne peut garantir la pleine sécurité des résidents. « On est loin d'être certain que ça fonctionne à 100 %. Pour nous, la seule solution valable pour l'instant demeure la distance. »

Pour Daniel Fournier, directeur des communications à Montréal-Est, si la Ville devait respecter une distance de 1,5 kilomètre entre les industries à risque et les résidences, Montréal-Est se verrait dans l'obligation d'exproprier des résidents. « Ici, c'est à 90 % industriel. Comme nous n'avons pas l'espace nécessaire pour créer une zone tampon à l'horizontal, notre seule possibilité est de le faire à la verticale. Les talus de dix mètres de hauteur sont suffisants pour assurer la sécurité de nos citoyens. D'autant plus qu'ils agrémenteront la ville puisqu'ils seront recouverts de verdure », mentionne-t-il.

Selon lui, les compagnies qui s'installent à Montréal-Est sont de plus en plus conscientes des résidences présentes tout autour. « Elles font partie de notre paysage et sont surveillées 24 heures sur 24 par des employés, mais aussi par des technologies automatisées très perfectionnées. Jamais nous n'accepterions de mettre la sécurité de nos citoyens à risque », ajoute M. Fournier.

En ce sens, la Ville s'implique dans divers comités, dont le Comité mixte municipal-industriel de gestion des risques d'accidents industriels majeurs pour l'est de l'île (CMMI) de Montréal, qui vise la mise en commun des ressources, de l'expertise professionnelle, des équipements, des connaissances et de l'expérience de chacun de ses membres en vue de l'élaboration d'un processus intégré de gestion des risques d'accidents industriels majeurs.
Règlementation
Loin d'être en défaveur du développement industriel, l'AGIIR prône plutôt un aménagement responsable du territoire en fonction des risques d'accident. Pour Mme Loubert, il est clair que des décisions devront se prendre à un niveau autre que municipal.
« Dans ce dossier, tout le monde est imputable, tant les résidents qui ont accepté de s'y installer que les maires, les élus et les industries. À l'AGIIR, on fait une distinction entre le passé et le présent. Maintenant qu'on connaît les risques, on doit faire attention de ne pas répéter les mêmes erreurs. Pour ce faire, le gouvernement du Québec devrait adopter un cadre réglementaire concernant l'aménagement de zones de transition autour d'installations à risque. Lorsque les règles du jeu seront claires, les gens trouveront des solutions adaptées. »

(Photo: archives)

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