(Photo: Gracieuseté)
Les cimetières abandonnés du Québec
Mitchel Fortin
Se séparer d’un être aimé est déjà quelque chose de pénible, mais imaginez combien il peut être difficile de voir le lieu où il repose être totalement abandonné. On ne pourrait imaginer tel scénario au Québec mais pourtant, ça existe ! Certaines villes ont disparu de la carte, rasant toutes les maisons, les écoles, les rues mais laissant pour comble leur cimetière. Plus aucune vie dans ces lieux, encore moins d’activité pour la mort.
Lorsque l’économie d’une petite municipalité est ébranlée, que ses revenus sont à la baisse, mais que les dépenses ne cessent d’augmenter, que la ou les entreprises qui sont le moteur, le cœur de la ville ne survit pas à une conjoncture économique rude, c’est la fin. L’inévitable fermeture.
La population migre vers un marché plus actif, plus prometteur et garant de l’avenir. C’est l’exode des familles. Le déménagement des biens et le déplacement du plus jeune au plus vieux de la famille. Mais on ne déménage pas comme on veut nos défunts. Bien longtemps inhumés, au repos éternel ; votre père, votre sœur ou grand-père sont prisonniers de ses lieux.
Et pourtant, n’avons-nous pas laissé le soin à ces administrateurs de veiller à notre patrimoine familial ? À la sauvegarde de nos souvenirs ? À notre tranquillité d’esprit ? Le plus essentiel … comment allons-nous faire lorsque sera venu notre grand départ pour aller reposer auprès de ceux que nous aimons ? L’accès à ces cimetières abandonnés devient un enjeu de société. La pérennité de ces lieux sacrés, c’est la sauvegarde de notre patrimoine, de notre histoire et surtout, permettre à nos souvenirs de continuer à vivre et garder présents ceux qui nous ont quittés physiquement.