André Paré (Photo: Courtoisie)
Porteur du flambeau de l'espoir
«Tu ne seras jamais plus seul pour courir…»
Une expérience commune douloureuse allait rapprocher deux sportifs de deux âges et provinces différents. Chacun avait dû subir une ablation d’une tumeur importante au cerveau.
Un reportage télévisuel présente le combat de Daniel, 13 ans, contre une maladie rare et grave. Ce jeune sportif du Manitoba impressionne André, alors âgé de 57 ans.
Il entre en contact avec l’adolescent et les deux se rencontrent à Montréal, «parce qu’il faut en parler». C’est le début d’une belle complicité, rassurante pour le jeune et stimulante pour l’aîné.
André, c’est un porteur d'espoir pour tous ceux qu’il croise: «Si André est passé à travers, moi aussi je le peux… C’est mon idole.» Malheureusement, plusieurs de ses amis sont décédés, alors que lui a survécu à quatre opérations.
Un survivant
En 1993, alors qu’il participe comme d’habitude à son programme d’activités physiques au centre Claude-Robillard, il s’écroule avec des convulsions. Il est hospitalisé 36 jours après son opération.
En janvier 1997, il est opéré de nouveau et il reçoit 34 traitements intensifs d’oncologie. Quelques mois plus tard, en septembre, on doit l’opérer une troisième fois pour enlever un abcès à l’intérieur de l’os frontal.
Le lendemain de son opération, il appelle ses amis pour leur dire qu’il va revenir: «J’ai encore trop de choses à faire.» Il reste trois mois branché sur une machine, son crâne n’ayant pu être refermé à ce moment… Une quatrième opération en 1998 permettra de compléter la chirurgie de son front.
Porteur de la Flamme olympique
C’est avec courage et fierté, dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver de Calgary en 1988, qu’il porte le flambeau dans les rues de Montréal, le 12 décembre 1987. Photos et souvenirs attestent encore de cette participation officielle qu’il avait préparée avec sérieux, s’entraînant pendant dix mois à jogger avec un poids de quatre livres au bout de son bras.
Avant ses opérations, dès 1977, alors qu’il a 40 ans, il s’entraîne souvent pour être en forme. Il marche beaucoup, il coure régulièrement. Son exercice préféré est de monter et descendre les marches des gradins du centre.
Pour se garder en forme ou pour récupérer, il pratique quotidiennement avant le déjeuner 30 minutes d’étirements et de redressements. Il fait de la musculation quelques fois par semaine. Pour André, aller au centre Claude-Robillard, c’est renouer avec le bien-être et la bonne humeur, ainsi qu’avec l’amitié de ceux qui un jour «m’ont ramassé» et par la suite souvent encouragé et admiré.
Espoir et projets
La vie trace quelquefois un drôle de chemin entre la pauvreté et les honneurs, entre la santé et les épreuves. Il parle avec émotions de ses responsabilités lorsqu’il était jeune.
Ses parents étant très pauvres, il allait «demander la charité» aux cuisines de l’hôpital Sainte-Jeanne-d’Arc, pour nourrir la famille «à la soupe aux vermicelles et aux patates». Il se procurait également les vêtements au Jardin d’Enfance. Il commence à travailler dès l’âge de 14 ans.
Un jour, en 1978, il se retrouve à Monte Carlo, en présence de son altesse sérénissime, la princesse Grace de Monaco. Il est le créateur des robes portées par les mannequins du Canada au Premier congrès mondial de la haute coiffure. Comme agent manufacturier de vêtements et couturier, son travail le met en présence de vedettes et d’artistes, en particulier lors des parades de modes: Suzanne Lapointe, Willie Lamotte, La Poune, Donalda, etc.
Aujourd’hui âgé de 69 ans, il raconte ses «miracles» avec les larmes aux yeux: «J’ai eu beaucoup de chance et d’amis pour m’encourager.» Il continue à aider ceux qui doutent et ceux qui souffrent, à lutter avec obstination contre ses migraines, à vivre avec satisfaction son quotidien.
Il porte solidement et fièrement le flambeau de ses réussites avec l'espoir à partager. Merci André!
(Claude Pelletier, Ahuntsic)