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Le snobisme du Plateau Mont-Royal

Article mis en ligne le 19 novembre 2008 à 11:14
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Le snobisme du Plateau Mont-Royal
«Et si on allait se promener sur le plateau?» Attention: cette question de la jeune ingénue peut paraître banale, mais est lourde de conséquences.

Le Plateau Mont-Royal est ce quartier branché regroupant la rue Saint-Denis, le boulevard Saint-Laurent, ainsi que l’avenue Mont-Royal. On y retrouve la plus grande concentration d’artistes au mètre carré au Canada, selon le groupe Hill Stratégies Recherche Inc.

C’est aussi le lieu de prédilection du style néo-urbain, caractérisé par de jeunes gens se nourrissant de cupcakes et portant skinny jeans noirs, ainsi que veste de cuir se voulant «je l’ai trouvée dans le grenier de ma grand-mère», mais acheté à un prix dérisoire chez Urban Outfitters. Ah oui, j’oubliais le fameux foulard, la coupe de cheveux rétro et l’air bête de surcroît.

Car tout endroit à émergence artistique attire inévitablement une faune se désirant artistique, sans nécessairement l’être. Prendre des photographies copiant à la perfection le style des publicités des boutiques American Apparel fait-il de vous un photographe underground?

Bref, après cette mise au point, laissez-moi revenir sur la première question de cet article. Oui, je décidai de passer l’après-midi sur le Plateau.

Je débute donc mon escapade par la visite d’une friperie où une robe fleurie ayant pu appartenir à ma tante me revenait plus cher qu’une neuve et où, me basant sur le regard du vendeur à mon égard, le qualificatif de folle alliée semblait étampée dans mon front. Je continue ma balade jusqu’à l’Ex-Centris, où des sosies d’Andy Warhol ne semblaient pas en revenir qu’une fille en souliers de course, jogging et gaminet, un dimanche matin, puisse fréquenter un endroit aussi avant-gardiste.

Tout cela pour terminer mon après-midi dans un salon de coiffure à la mode où je me fais reprocher mon choix de coupe trop conformiste par un androgyne. Peut-être n’avais-je pas assez de style pour fréquenter le quartier? Ou alors, aurait-il fallu que je sois un peintre torturé pour avoir droit à un sourire à la binerie du coin?

Quoi qu’il en soit, laissez-moi vous dire que la prochaine fois que je traverserai le quartier, je revêtirai mon chapeau de feutre à plume orangée ainsi que ma robe de Twiggy, le tout sans oublier de faire la moue.

(Fanny Forest, Montréal)

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Jenny Aliaga Chavez

Commentaire mis en ligne le 21 novembre 2008
J'ai tout simplement A-DO-RÉE cet article. Original et avec style et en plus veridique, bravo!

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