Un tout petit geste pour se souvenir
Dix-neuf ans ont passé depuis le drame de la Polytechnique et pourtant, encore aujourd’hui, les gens se souviennent de ces 14 étudiantes abattues à coups de fusil par Marc Lépine. Le Centre des femmes (CDF) de Pointe-aux-Trembles a d’ailleurs tenu une activité de recueillement le 4 décembre dernier, et a souligné à sa façon, la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.
« Il ne faut jamais oublier », avoue, visiblement touchée, Ginette Beaudry, coordonnatrice du CDF. Pour elle, les gens ne seront jamais « trop » au courant de ce qui s’est passé le 6 décembre 1989. « J’ai distribué près de 150 rubans blancs aux gens du Centre Roussin et les gens sont très réceptifs. C’est d’autant plus important pour nous, puisque la violence faite aux femmes, on en voit les impacts quotidiennement dans notre travail », ajoute Mme Beaudry.
Dans un texte proposé pour l'occasion par L’R des centres de femmes du Québec, on peut lire: « La violence du 6 décembre reflète d’une manière tragique la violence faite aux femmes dans le quotidien: viol, inceste, harcèlement sexuel, violence conjugale, meurtre. Depuis 1989, 634 femmes et enfants ont été abattus par des conjoints ou ex-conjoints ».
Aider les femmes à détecter la violence, peu importe sa forme, et les inciter à s’y opposer, les intervenantes du Centre des femmes y travaillent de plusieurs façons, entre autres, par le biais de conférences. « On ne peut pas vraiment faire plus pour l’instant, mais déjà, de les aider à trouver la violence là où elle est, c’est bien! », conclut la coordonnatrice.
En signe de solidarité envers toutes les autres femmes, le CDF, en concertation avec les 101 centres des femmes du Québec, invite la population à allumer une chandelle et à la poser près d’une fenêtre, le 6 décembre, à 18 h, et de porter la boucle blanche.