Une prière pour Fredy et une chanson pour Pascale
Un terrible inconfort m’habite depuis ces tristes événements, un pincement s’obstine à me déboussoler. Comme ces grands froids glaciaux qui vous dévorent l’épiderme, l’angoisse s’installe, la colère gronde en moi, ces départs me tuent.
Tant de peine à partager, tant de blessures à panser! Toutes ces douleurs inutiles finiront-elles par se calmer? Vraiment, j’ai trop de colère à contenir, c’est trop pour une seule personne, je me sens décontenancée devant ces actes incompréhensibles.
Deux jeunes, au printemps de leur vie, sont brutalement arrachés à leurs proches sans que personne ne puisse leur expliquer pourquoi, sachant d’avance que toute explication reste et demeure absurde. A priori, ces deux actes barbares n’ont rien en commun. Pourtant, la violence, encore une fois, n’a pas raté Fredy Villanueva à Montréal-Nord et Pascale Eustache à Greenfield Park. Deux jeunes pétillants de vie, fiers de leur insouciance de jeunesse et surtout très beaux dans leur innocence, nous ont quittés dans des conditions insoutenables: un coup de feu de trop, encore une arme blanche en circulation et puis, plus rien… c’est fini pour eux, et un peu pour nous aussi.
Depuis ces meurtres, mes yeux sont gonflés de tristesse. Oui, je suis plongée dans ces tristesses qui ne trouvent aucun mot juste pour dire aux familles combien mes nuits, semblables aux leurs, sont longues. Certes, elles souffrent de l’absence de leur être bien-aimé, tandis que, moi, je suis totalement désemparée de ne pas pouvoir comprendre ni leur dire pourquoi, si froidement, imprévisiblement, tant de gâchis sont entrés dans leur vie et leur imposent ce gouffre; d’autant plus qu’aucune enquête policière ni de condamnation ferme n’apportera les vraies réponses. Vraiment, la bêtise humaine dépasse l’entendement, quand elle frappe et paralyse votre train-train quotidien comme s’il s’agissait de votre propre famille. Malgré tout ça, il faut quand même se ressaisir, sortir du cauchemar, c’est essentiel pour la suite des choses.
Hier Fredy, aujourd’hui Pascale, après-demain m’effraie terriblement. Je ne sais pourquoi vous êtes morts, mais, en tout cas, mon beau Fredy, tous les jours, comme celui-ci, je ferai une prière pour que justice fleurisse en ton nom. Et toi, petite fleur sauvage, ma grande Pascale, comme René Simard, nous chanterons tous pour toi: ‹‹ Mon nom est Pascale, tu es mon amie, veux-tu jouer avec moi… Mon nom est Pascale, tu es mon amie, je veux t’aimer toujours…»
Et en ces temps de grandes réjouissances familiales, mes pensées vous accompagnent.
Familles Villanueva et Eustache, bon courage!
Mozart F. Longuefosse, nord-montréalaise