Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Avenir
Horoscope Mars 2010
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Face à face avec Kan de jour !

Article mis en ligne le 30 juin 2009 à 9:45
Soyez le premier à commenter cet article
Face à face avec Kan de jour !
(Photo : Lauriane & Maurice Day - Gracieuseté)
Face à face avec Kan de jour !
Les 11 camps de jour et leurs services de garde, sur le territoire RDP-PAT-ME, ont débuté avec au-delà de mille enfants inscrits pour des séjours d’été qui succèdent à leurs journées d’école ou de maternelle. Coup de chapeau/casquette aux jeunes grouillants, à leurs dévouées animatrices-animateurs… ainsi qu’aux patients chauffeurs d’autobus. Cliquez et venez partager mes hallucinations (légales) avec Kan de jour, la p’tite djinn de passage à Pointaux!
Il était 18h. Je me rendais vers ma voiture dans le stationnement lorsque je remarque un bizarre de sac à dos accoté au lampadaire. Comme je m’apprête à le saisir, une vapeur colorée en sort subitement en spirale, avec au bout, une tête de fille d’environ 7 ans, qui rit sans arrêt. « Allô », me dit-elle, « je suis Kan de jour, avec un K », entre deux éclats et davantage de vapeurs qui la cajolent. Abasourdi, je la regarde comme si elle m’hypnotisait. Puis la conversation s’engage…

Question: -Kan de jour, c’est vraiment ton nom?

Réponse: - Eh oui ! J’existe huit semaines l’été et une semaine durant la relâche. Chaque année, je suis dans autant de sacs à dos qu’il y a des mobiles, euh, des enfants, dans les centres de loisirs et les gymnases d’écoles. Je me balade du matin au soir, comprimée entre le tube de crème solaire, le costume de bain dans la serviette, le lunch…

Q: -Mais qu’est-ce que tu fais ici, toute seule, sans ton « mobile »?

R: - Son père est venu le chercher, énervé, pressé, comme d’habitude. Il a peur de payer l’amende. Il le pogne solidement par la main, et puis, « envoye dans le char ». Pas de jasette, pas de câlin. « Fais ça vite » qu’il a dit, « on va être en retard ». Alors Jason, énervé à son tour, m’a laissé tomber. C’est vraiment pas drôle un parent-toupie! Vite, vite, tout le temps : à la garderie, au service de garde, à la garde partagée en fin de semaine, toujours « ‘garde-moi aller » ! Jason n’a pas pu lui raconter sa belle journée passée avec moi aux Cascades d’eau. Le moniteur lui, ce n’est pas pareil ! Il marche avec nous, et puis on lui parle, on fait des farces avec. C’est surprenant, il ne crie pas… et on l’écoute!

Q: - Est-ce que tu t’installes aussi dans les sacs à dos des animateurs?

R: - (oh, sa voix change...) Eh oui, comme dans ceux des enfants. On y trouve les mêmes choses et d’autres en surplus, comme la trousse de premiers soins, la thématique de son groupe, les feuilles de consigne à remettre aux parents… et des factures à payer pour le logement, les travaux non-encore terminés des suites de la grève à l’UQÀM et des gadgets électroniques qu’ils utilisent dans l’autobus qui les ramène au métro après le…boulot (tiens, ça rime, ha, ha !)

Q: - Es-tu souvent laissée seule comme ça?

R: - Rarement. Mais il m’arrive d’être secouée avec des parents comme le père de Jason. Tu sais, ils n’ont pas de l’air à réaliser que nous sommes accrochés à des personnes, petites, dérangeantes parfois, mais des mini-humains et pas des paquets qu’on transporte d’un stationnement à l’autre. On a plein de choses de la journée à raconter. Mais avec Isabelle, Kevin, Lauriane, c’est très différent. On dirait que leurs parents voudraient être au camp eux aussi, tellement ils en jasent avec leurs mousses ! Un peu mamans-papas-poules parfois. Mais l’animatrice le leur dit gentiment.

Interruption : (La voix change encore)…Permettez, on aime ça, comme animateur, avoir aussi des mots d’encouragement. J’étudie pour être professeur : le camp de jour, c’est un vrai stage pour savoir gérer ma classe bientôt…et ne pas décrocher cinq ans plus tard. On dit que les parents ne cherchent qu’à blâmer les enseignants pour protéger leurs enfants-rois. J’espère qu’ici, ce sera différent!

Q: - Es-tu comme le bon Esprit des camps de jour !

R: - Un peu, beaucoup même. Il ya des camps où je n’y suis pas, parce que les enfants ne sont pas comme « heureux en vacances ». Des locaux sales, des animateurs poqués, des déplacements peu sécuritaires, des langages violents qu’on laisse aller sans corriger, des films et rien que des films quand il pleut. Des camps plates, sans surprises. Mais c’est la minorité. Si tu savais comme j’aime chanter, danser, nager, jouer à la course au trésor, faire du mini-soccer ! Mais il faut m’animer. Me secouer gentiment et constamment… par mon prénom ! En gang, bien sûr!

Q: - Il y a quand même des enfants qui résistent à tes petits bonheurs assortis ?

R: - Oui. Même si on veut que ce soit des espaces pour leurs rêves d’été, mes enfants n’y sautent pas toujours de joie. Les pénuries d’affection comme de bonne nourriture, les handicaps de tout genre, les statuts sociaux soulignés par du linge griffé, les relations entre ethnies, les dopés au ritalin, les colères presto, tout cela fait aussi partie du décor…

Interruption :(voix rauque d’un animateur songé) Permettez! Et contrairement à l’école, même la plus défavorisée, on ne dispose pas de ressources professionnelles pour nous aider. On ne peut quand même pas les refiler au bureau du directeur à chaque fois. Heureusement, nos responsables savent se débrouiller !

Q: - Kan de jour, je dois partir. Veux-tu que je te ramène dans le sac à dos de Jason, chez lui ? Son adresse est collée sur la poche droite.

R: - Oui. Merci, t’as été super gentil…PCHHHHHHHHHSSSSSSSSSS (elle a disparu) .Seule subsiste une odeur de rose de cette mystérieuse conversation.

Mot de la fin: Je m’étais promis des blogues légers durant l’été. Effectivement, pour un ancien moniteur, décrire le bonheur des enfants dans nos anciens terrains jeux et colonies de vacances dans les Laurentides ou dans les camps de jour urbains, c’est du gâteau. Mais je sens monter chez moi une certaine… indignation! Quand on regarde tous les efforts à fournir à ces milliers de jeunes montréalais de 3 à 17 ans durant l’été, comparativement au coût unitaire et quotidien payé en CPE ou à l’école, je me dis qu’ici encore, la go-gauche lutte contre la pauvreté et l’exclusion marginalise ici, les gestionnaires, les jeunes travailleurs, les parents de classe moyenne et…les jeunes. Heureusement, des organismes au service d’enfants marqués par une déficience particulière viennent en renfort chaque été. Mais il reste beaucoup d’enfants-campeurs qui ne déjeunent pas l’été ou dont la mère monoparentale sans emploi va appeler au centre la semaine prochaine pour retarder l’encaissement d’un chèque. « Charche-les » tes 40 G $ perdus, maudit cave ! C’était ça la course au trésor d’En-rit Polisson [Rousseau], au camp de jour des banquiers de la Caisse de dépôt!!!

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • Fusillade dans le Vieux-Montréal: craignez-vous une hausse de la violence?
  • Oui
  • Non