Yolaine Frisko et Geneviève Dorais se sont rendues au bureau du député Tony Tomassi la semaine dernière, pour lui faire part de leurs principales demandes quant à la représentation des femmes en politique. (Photo: Patrick Deschamps)
Plaidoyer pour une augmentation du nombre de femmes en politique
Le ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier, doit déposer, cet automne, un projet de loi visant à modifier la loi électorale en changeant le mode de scrutin actuel pour un système proportionnel mixte. Le gouvernement propose également des mesures pour améliorer la représentation des femmes à l'Assemblée nationale. Se montrant en accord avec l'ensemble des modifications proposées, les groupes de femmes demandent toutefois que des bonifications soient apportées à certaines d'entre elles.
Les femmes ont fait valoir leurs points au bureau du député de LaFontaine, Tony Tomassi, le 30 octobre dernier. Celui-ci devait rencontrer, deux jours plus tard, le ministre Pelletier, et en profiter pour lui faire part des revendications des femmes.
La Table des centres de femmes Montréal-Laval, représentée par Yolaine Frisko, du Centre des femmes de Rivière-des-Prairies et par Geneviève Dorais, de Halte-Femmes Montréal-Nord, réclame une égalité de représentation entre les hommes et les femmes à l'Assemblée nationale. L'avant-projet de loi parle plutôt d'équité.
« On entend de plus en plus critiquer le déficit de représentation causé par notre système électoral qui fait en sorte que l'Assemblée nationale n'est pas le reflet de la société québécoise », peut-on lire dans le document présenté.
« Les femmes représentent seulement 31 % de la députation, alors qu'elles sont 52 % dans la population », ajoute Geneviève Dorais.
Pour ce faire, les organismes de femmes proposent que les partis politiques se dotent d'un plan d'action prévoyant l'adoption de mesures concrètes, afin d'atteindre cette égalité. Pour Mme Dorais, certaines de ces mesures d'actions positives pour les femmes, qui ne sont pas liées au mode de scrutin, « pourraient être mises en œuvre d'ici la prochaine élection générale ».
Comme autre demande, Yolaine Frisko fait état de modifications en ce qui concerne les bonifications financières. Alors que l'avant-projet de loi propose d'accorder un financement substantiel aux partis politiques qui présenteront des candidates à une élection, la Table des centres de femmes Montréal-Laval souhaite plutôt que la majoration de l'allocation annuelle versée à un parti politique soit accordée en fonction du nombre d'élues. Ainsi, dès qu'un parti ferait élire 35 % de femmes, il verrait sa subvention annuelle augmenter de 5 %, de 10 % s'il réussit à faire élire 40 % de femmes et de 15 % pour un pourcentage d'élues équivalent à 45 % ou plus.
Les représentantes de la table proposent également une majoration du remboursement des dépenses électorales acquittées par les candidates et les élues.
« C'est difficile de faire de la politique. Ça coûte cher et on sait que les femmes ne sont pas les plus riches dans la société, explique Yolaine Frisko. Ce que nous visons par ces recommandations, c'est d'inciter les partis à aller chercher les femmes. Nous pensons que ça peut être avantageux pour eux. »
« Les préoccupations des femmes ne sont pas les mêmes, ce qui peut bonifier un projet de loi, ajoute Tony Tomassi. C'est la même chose pour les communautés culturelles. » Le député cite en exemple le fait que l'augmentation, depuis quelques années, du nombre de femmes en politique, a entre autres permis de revoir le calendrier parlementaire. « On tient maintenant compte des semaines de relâche scolaire », dit-il.
Croyant que les femmes sont de plus en plus intéressées à s'impliquer en politique, les groupes féminins souhaitent que ces revendications puissent permettre à un plus grand nombre de femmes de représenter la population.
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