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Jean Charest opte pour un gouvernement de statu quo, version taille forte

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 décembre 2008 à 1:00
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Jean Charest opte pour un gouvernement de statu quo, version taille forte
Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE Jacques Boissinot
QUEBEC - Malgré la tempête qui gronde, Jean Charest opte pour un gouvernement de statu quo, si ce n'est qu'il le présente cette fois en version taille forte.
Minoritaire, M. Charest pouvait compter sur 18 ministres. Majoritaire, il décide de s'entourer de 26 ministres pour diriger le Québec et l'aider à traverser la crise économique.
"A mes yeux à moi, c'est très important que dans le contexte où nous sommes, qu'il y ait autant de gens autour de la table que possible, pour passer la période que nous allons vivre", a déclaré M. Charest, en point de presse, jeudi, en marge de l'assermentation de son conseil des ministres.
"Compte tenu des responsabilités, du type de gouvernement que nous avons, du territoire à couvrir, je pense qu'on est à la bonne taille, au bon endroit", a-t-il ajouté, assurant que chacun en aura "plein les bras".
La période de turbulence qui s'annonce n'a donc pas incité le premier ministre à modifier son approche, car la structure du gouvernement demeure identique à ce qu'elle était avant le scrutin du 8 décembre, et la plupart des ministres conservent leurs portefeuilles.
Seule différence, à part la taille du gouvernement: ceux qui cumulaient plusieurs responsabilités sont délestés d'une partie de leur tâche, permettant ainsi au premier ministre d'apporter un peu de sang neuf dans son équipe.
Tel que promis, M. Charest a aussi maintenu la parité hommes-femmes.
La femme forte du gouvernement demeure sans contredit Monique Jérôme-Forget. Elle voulait conserver les Finances et s'y consacrer à temps plein, tout en supervisant le programme de mise à niveau des infrastructures. C'est ce qu'elle a obtenu de Jean Charest.
"Il a répondu à toutes mes demandes", disait-elle candidement, en point de presse, peu après son assermentation. Bien des députés et ministres ne pourraient certainement pas en dire autant.
A sa demande, M. Charest l'a donc délestée du Conseil du trésor, qui échoit à Monique Gagnon-Tremblay.
Raymond Bachand, quant à lui, aurait bien aimé diriger les Finances, mais il devra encore patienter et jouer un rôle-clé durant la crise, à la barre du Développement économique, tout en donnant un peu de chair au Plan Nord du premier ministre, aux contours encore flous.
Le statu quo s'applique également à la plupart des autres ministres: Yves Bolduc (Santé), Michelle Courchesne (Education), Laurent Lessard (Agriculture), Claude Béchard (Ressources naturelles), Julie Boulet (Transports), Sam Hamad (Emploi), David Whissel (Travail), Yolande James (Immigration), Marguerite Blais (Aînés), Nathalie Normandeau (Affaires municipales), Line Beauchamp (Environnement) et Christine St-Pierre (Culture et Condition féminine).
Dans le cas de cette dernière, elle conserve également la responsabilité du dossier linguistique, même si le gouvernement n'en fait pas mention dans sa description de tâches.
Jacques Dupuis redevient leader parlementaire, en remplacement de Jean-Marc Fournier, tout en gardant son poste de ministre de la Sécurité publique. Il aura aussi la responsabilité des Affaires intergouvernementales, mais le premier ministre promet de garder un oeil sur le dossier.
Le nouveau gouvernement compte 10 nouveaux venus, dont Pierre Arcand (Relations internationales), Kathleen Weil (Justice), Tony Tomassi (Famille), Dominique Vien (Services gouvernementaux) et Nicole Ménard (Tourisme).
Parmi les nouvelles têtes, il faut aussi noter celles qui font en fait un retour. Lise Thériault, qui avait été ministre de l'Immigration avant d'être rétrogradée simple députée en 2007, devient ministre déléguée aux Services sociaux, en renfort d'Yves Bolduc. L'ex-ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, avait été défait dans Abitibi-Est en 2007. Réélu, il revient comme ministre des Affaires autochtones. Quant au nouveau ministre du Revenu, le beauceron Robert Dutil, grand pourfendeur des avantages fiscaux accordés aux régions-ressources, il avait été ministre sous Robert Bourassa.
La porte est désormais grande ouverte pour l'élection du député de Richmond, Yvon Vallières, au poste de président de l'Assemblée nationale, en janvier. Jeudi, il a quitté ses fonctions de président du caucus, au profit de Lawrence Bergman.
M. Vallières a confirmé jeudi sa candidature, et le premier ministre a déjà entrepris des discussions en ce sens, avec la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois.
De son côté, le nouveau whip, Pierre Moreau, député de Châteauguay, fait partie, avec Lawrence Bergman, Alain Paquet et Geoff Kelley, notamment, des éternels prétendants au poste de ministre et des favoris de la machine à rumeurs.
Avec la nomination de l'ex-whip Norman MacMillan comme ministre délégué aux Transports, M. Charest réussit à faire en sorte que l'Outaouais soit représenté au conseil des ministres, malgré le départ de Benoît Pelletier.
Même constat avec le Saguenay-Lac-St-Jean, grâce à la nomination du seul député libéral de la région, Serge Simard, qui viendra prêter main-forte à Claude Béchard aux Ressources naturelles.
Ainsi, la plupart des régions seront représentées au tour de la table du conseil des ministres, qui a tenu sa première réunion dès jeudi.
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