MONTREAL - Si la confiance des consommateurs a plongé à des creux historiques, l'achalandage chez les détaillants à l'occasion des ventes d'après-Noël n'en donnait certainement pas l'impression.
Les consommateurs ont pris d'assaut les magasins vendredi partout en Amérique du Nord, à l'affût des traditionnelles aubaines du "Boxing Day".
Mais ils pourraient délaisser les articles de luxe au profit de produits plus essentiels, en raison des conditions économiques difficiles. Un analyste a ainsi prédit ainsi que si les consommateurs seraient au rendez-vous, les ventes ne le seraient peut-être pas.
Un bref aperçu des paniers montrait d'ailleurs des signes de nouvelle frugalité: même si certains gros appareils ponctuaient toujours les achats, la plupart des clients emportaient avec eux de plus petits items - une tendance croissante, selon les analystes.
"Le point de départ, c'est que 2009 s'annonce comme une année très difficile pour le consommateur canadien", a estimé Cliff Grevler, partenaire et directeur général du Boston Consulting Group de Toronto.
Son groupe de consultant s'attend à un plus faible Boxing Day que l'an dernier, pour ce qui est des ventes.
"Ce qu'ils choisiront d'acheter cette année représentera un changement dans les habitudes d'achat, alors vous verrez moins de gros items achetés, en dépit des rabais prononcés."
Malgré tout, certains grands détaillants prédisaient d'énormes ventes pour vendredi, les consommateurs voyant dans les rabais une façon de faire un pied de nez aux mauvaises nouvelles économiques.
L'électronique plus populaire
D'année en année, les magasins d'électronique demeurent les plus populaires lors du Boxing Day.
Un récent sondage de la firme Léger marketing a révélé que neuf Québécois sur dix prévoyaient faire l'achat d'un produit électronique durant le temps des Fêtes.
Selon le porte-parole de Future Shop au Québec, Thierry Lopez, les ventes du 26 décembre sont dix fois supérieures à celles d'une journée normale.
Par ailleurs, pour éviter la cohue, Future Shop, comme plusieurs autres chaînes de magasins, a créé un service d'achat en ligne sur le web.
A Montréal, des centaines de chasseurs d'aubaines attendaient en ligne à l'extérieur de magasins d'électronique sur la rue Ste-Catherine, mais certains semblaient moins enthousiastes que par les années passées.
"Je suis en train de mourir, et mes pieds sont si froids", a confié Jullyane Del Rosario, âgée de 21 ans, la première à se présenter à la caisse enregistreuse au Future Shop de Ste-Catherine.
Mme Del Rosario, qui avait attendu par un froid de - 12 degrés Celsius pendant près de deux heures avant l'ouverture des portes, a dépensé plus de 400 $ pour acheter deux caméras numériques.
"Je savais exactement ce dont j'avais besoin, alors j'y suis allée et je suis ressortie aussi vite que j'ai pu parce que je sais à quel point ça va être occupé", a-t-elle expliqué.
Plusieurs consommateurs aguerris étaient aussi prêt à affronter le froid pour faire une bonne affaire.
Hong Sun Pang, le premier client en ligne devant le magasin, a attendu plus de six heures pour économiser 100 $ sur une caméra.
"J'ai très froid", a-t-il indiqué, 10 minutes avant l'ouverture des portes, à 13 h 00.
Aux Etats-Unis, certains magasins - comme ceux de la chaîne J.C. Penney - ont ouvert leurs portes dès 5h30 vendredi matin, offrant des rabais pouvant atteindre 75 pour cent.
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