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Le discours du Trône risque de susciter le mécontentement au Québec

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 novembre 2008 à 1:00
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OTTAWA - Le discours du Trône présenté mercredi risque de faire des vagues dans un Québec en pleine campagne électorale, alors que de nombreuses mesures mises de l'avant par les conservateurs s'opposent aux positions traditionnellement défendues au Québec.
Ainsi, par la voix de la gouverneure générale Michaëlle Jean, le premier ministre Stephen Harper a laissé entendre aux Québécois qu'ils pouvaient s'attendre à voir leur poids diminuer à la Chambre des communes au profit des provinces de l'Ouest et de l'Ontario.
Une réforme du Sénat est également prévue, ce à quoi s'est traditionnellement opposé le Québec, tout comme à la mise sur pied d'une commission unique des valeurs mobilières, une autre des propositions conservatrices.
Le Protocole de Kyoto, qui fait par ailleurs consensus au Québec, paraît définitivement écarté de la ligne de mire des conservateurs dans ce discours du Trône, et rien n'est mentionné sur un éventuel réinvestissement dans les programmes culturels, sabrés au printemps.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit constater qu'aucune de ses recommandations auprès de M. Harper n'avaient été retenues et que son parti allait conséquemment voter contre le discours du Trône.
Se portant à la défense des orientations choisies par le gouvernement conservateur, le nouveau lieutenant de Stephen Harper au Québec, le ministre Christian Paradis, a fait valoir que des passages du discours portaient sur une "charte du fédéralisme d'ouverture" et, qu'à nouveau, on y trouvait la volonté des conservateurs de limiter le pouvoir du fédéral de dépenser.
M. Paradis a dit ne pas voir de problème à ce que le poids du Québec fléchisse aux Communes et trouve que cela est simplement démocratique. Selon lui, les Québécois n'ont qu'à faire plus d'enfants s'ils veulent conserver la même proportion de députés en Chambre.
"C'est juste, il faut être démocrate. Si le Québec veut avoir plus de sièges, faudrait peut-être faire plus d'enfants. Moi, j'en ai trois déjà", a-t-il lancé.
Il a également souhaité rassurer le Québec au sujet de la commission des valeurs mobilières commune, une idée à laquelle s'oppose tant l'Assemblée nationale que l'Autorité des marchés financiers (AMF).
"Il n'y aura rien qui sera obligatoire pour personne, ce sera sur une base volontaire (...). Rien ne sera imposé à aucune province d'aucune manière que ce soit", a-t-il spécifié.
Les détracteurs d'une telle commission des valeurs mobilières craignent notamment que le secteur financier délaisse Montréal au profit de Toronto.
Déception des chefs provinciaux
Les chefs des partis provinciaux, qui en étaient à leur quinzième jour de campagne électorale, ont tous réagi au discours du Trône des conservateurs en manifestant leur déception.
Le chef libéral Jean Charest a fait savoir qu'il ne resterait pas les bras croisés si des mesures allaient à l'encontre de l'intérêt du Québec.
"On va défendre nos positions avec beaucoup de vigueur, on ne sera pas gêné", a d'abord indiqué M. Charest en après-midi. à Québec.
Plus tard en soirée, il en a rajouté, affirmant qu'il n'était pas question que le gouvernement fédéral procède à une réforme du Sénat sans le Québec.
"Ca ne peut pas se faire sans nous. Si le gouvernement fédéral parle en même temps de fédéralisme d'ouverture, il doit être conséquent et travailler avec nous", a prévenu le chef libéral.
Comme il l'avait fait au cours de la récente campagne électorale fédérale, M. Charest s'est targué d'être le seul à défendre les intérêts du Québec face à Ottawa, accusant le Parti québécois d'avoir les mains liées en raison de son affiliation avec le Bloc québécois et l'Action démocratique "d'avoir abandonné son autonomie pour se mettre à la remorque du Parti conservateur".
Selon la chef péquiste Pauline Marois, M. Harper marginalise le Québec avec ce discours du Trône.
"Il fait exactement la preuve que de reconnaître la nation québécoise, ça ne voulait strictement rien dire", a-t-elle lancé, ajoutant qu'il fallait livrer bataille au fédéral pour protéger les droits de la province.
Même le chef adéquiste Mario Dumont, qui avait pourtant appuyé M. Harper lors de la dernière campagne électorale fédérale, a exprimé son mécontentement.
"Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que les besoins du Québec, ils sont secondaires, a-t-il déclaré en point de presse à Sainte-Thérèse. Je le sens comme ça, je trouve ça très malheureux. Je pense que de la part du gouvernement fédéral, ça engage mal la suite des choses."
Il est allé jusqu'à avancer qu'à ses yeux, "c'est comme si on était en train de préparer, au niveau de l'avenir du Canada (...) une ronde Canada (de négociations constitutionnelles) sans le Québec".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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