Le député du Québec solidaire Amir Khadir, flanqué de l'autre porte-parole du parti, Françoise David à l'Assemblée nationale mercredi. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
QUEBEC - Avec une voix à l'Assemblée nationale, Québec solidaire espère rallier les citoyens à deux de ses grandes idées: faire payer les riches et améliorer le sort des plus pauvres.
Aussitôt après avoir prêté serment au Salon rouge du parlement, mercredi après-midi, le premier élu de la formation de gauche, Amir Khadir, a mis les cartes sur table en prévision de la prochaine rentrée parlementaire. Il exigera, au nom de son parti, une hausse immédiate du taux horaire minimum pour le porter à 10,20 $.
Surtout en cette période de ralentissement de l'économie, l'Etat doit impérativement soutenir les petits salariés en leur assurant des conditions de vie "appropriées, dignes, de qualité" et "égalitaires", a dit le député de Mercier.
"Pour Québec solidaire, le salaire minimum, c'est 10,20 $ immédiatement. De manière rapprochée, pas sur trois ans. Parce que la crise frappe déjà", a-t-il soutenu en conférence de presse à l'Assemblée nationale, flanqué de l'autre porte-parole du parti, Françoise David.
De l'avis de M. Khadir, les perturbations économiques à venir ne sont pas si inquiétantes dans la mesure où elles offrent une "opportunité en or" pour revoir le modèle de développement québécois.
Le Québec, d'après le leader progressiste, est depuis trop longtemps attaché à un modèle axé sur le "développement à tout crin" et la "croissance" de l'économie.
Il faut au contraire "mettre l'économie au service des gens" avec comme point focal "le respect de la nature", a résumé le député du Plateau Mont-Royal.
"On doit s'assurer que l'écologie soit au centre de toutes nos décisions politiques, économiques et sociales", a-t-il expliqué, plaidant pour "un accès équitable et égalitaire aux ressources de la Terre".
A l'image de son parti, M. Khadir se méfie de la grande entreprise, à qui il reproche de profiter des largesses de l'Etat sans payer sa juste part des impôts. A cet effet, le député montréalais est en faveur d'un alourdissement du fardeau fiscal des entreprises pour financer en partie le coût des mesures sociales que propose Québec solidaire.
Du reste, les entreprises ne sont pas les seules à apparaître dans le collimateur de Québec solidaire. Les "riches", c'est-à-dire les particuliers dont le revenu atteint 84 000 $ par année, doivent aussi mettre la main dans leur poche, a fait valoir de son côté Françoise David.
"Ce que nous prétendons à Québec solidaire, chiffres à l'appui, c'est qu'il est possible d'aller chercher de l'argent chez les contribuables à revenu élevé", a-t-elle opiné.
Souverainiste, Amir Khadir a par ailleurs profité de sa première sortie publique pour dénoncer le serment d'allégeance à la couronne britannique que doivent prêter les députés québécois.
A contrecoeur, il s'est plié à l'usage, non sans appeler le Québec à se libérer "des vestiges archaïques de la monarchie britannique".
Il a aussi saisi l'occasion pour condamner le régime parlementaire actuel, un "système électoral dépourvu de représentation proportionnelle qui nous afflige".
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