MONTREAL - Un véhicule lunaire de conception entièrement canadienne fait partie des projets qui sont étudiés par la direction de l'Agence spatiale canadienne, dans le cadre de son plan spatial à long terme prévu pour 2009.
S'inscrivant au sein d'une stratégie mondiale d'exploration qui réunit 11 pays, le plan de l'Agence spatiale canadienne (ASC), qui devait être prêt au mois de novembre dernier, ne sera finalement complété qu'au mois de février. Le dernier plan à long terme de l'agence date de 1994.
Néanmoins, le délai n'a pas empêché quelques compagnies canadiennes de plancher sur la conception et la mise à l'épreuve de pièces pour le rover lunaire.
Iain Christie, directeur de la compagnie Neptec Design Group, basée à Ottawa, a indiqué que le rover lunaire canadien représentait l'un des principaux projets qu'étudie l'ASC. Neptec Design construit des caméras laser, qui sont notamment utilisées pour les navettes spatiales américaines lorsqu'elles sont en orbite et qui permettent de s'assurer qu'elles ne sont pas endommagées.
Outre Neptec Design, la compagnie ontarienne COM DEV International, dont le siège social est à Cambridge (Ontario), s'occupera des communications et de la charge utile de données, tandis que Ontario Drive and Gear, entreprise ontarienne de New Hamburg qui construit des véhicules tout-terrain et amphibies, oeuvrera à la mobilité du rover. L'Université McGill participera également au projet, en contribuant à la conception de certaines pièces de l'engin, comme les roues.
Par ailleurs, deux astronautes canadiens, la Québécoise Julie Payette et le Britanno-Colombien Bob Thirsk, se préparent quant à eux à partir pour l'espace en 2009, à destination de la Station spatiale internationale.
Mme Payette doit participer à une mission à bord de la navette spatiale américaine Endeavour, à la mi-mai, alors que M. Thirsk doit entamer son voyage le 27 mai, lorsqu'il décollera à bord de l'engin spatial Soyouz.
Mise à part le rover lunaire canadien, le directeur général des technologies spatiales à l'ASC, Gilles Leclerc, a souligné que plusieurs compagnies canadiennes possédaient une expertise de premier plan qui pourra servir dans le cadre de missions planétaires à venir.
Le président de COM DEV, John Keating, a pour sa part affirmé que le Canada avait du rattrapage à faire, puisque le budget annuel de l'Agence spatiale, qui se chiffre à 300 millions $, demeure inchangé depuis plusieurs années.
L'ancien président de l'ASC, Marc Garneau, devenu député libéral et porte-parole du parti fédéral en matière de sciences et de technologies, a quant à lui indiqué que les gouvernements successifs de Stephen Harper ont abandonné l'industrie spatiale.
"L'Agence spatiale canadienne doit malheureusement composer avec des ressources statiques, ce qui dans les fait signifie que l'on recule", a affirmé le porte-parole libéral.
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