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Dix ans plus tard, une avalanche ravive toujours des souvenirs douloureux

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 décembre 2008 à 1:00
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Dix ans plus tard, une avalanche ravive toujours des souvenirs douloureux
Il y a bientôt 10 ans, une des avalanches les plus mortelles dans l'histoire du Canada prenait la vie de neuf personnes, quatre adultes et cinq enfants, dont l'un n'était âgé que de 18 mois. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson
MONTREAL - Il y a bientôt 10 ans, une des avalanches les plus mortelles de l'histoire du Canada prenait la vie de neuf personnes, quatre adultes et cinq enfants, dont l'un n'était âgé que de 18 mois.
La catastrophe est survenue durant la nuit du 31 décembre 1998 au 1er janvier 1999, au moment même où quelque 400 résidents de Kangiqsualujjuaq, dans le nord du Québec, célébraient l'arrivée de la nouvelle année dans le gymnase de l'école de leur village.
Vers 02h00, un grondement se fait entendre. "En l'espace de peut-être une demi-seconde, c'est devenu un cauchemar", s'est rappelé Jean Leduc, toujours directeur de l'école de ce village inuit de la baie d'Ungava qui comptait alors 650 personnes.
Le mur s'est effondré, la neige a recouvert la moitié du sol du gymnase, et dehors, le mercure indiquait moins 30 degrés Celsius, a-t-il raconté lors d'une entrevue téléphonique effectuée la semaine dernière.
Exposés à des vents atteignant 100 kilomètres à l'heure, les résidents se sont immédiatement mis à creuser pour porter secours à ceux qui étaient blessés et pris sous la neige. Ils ont utilisé leurs mains nues, des poêles à frire, des casseroles, des pelles, tout ce qu'ils avaient pu trouver.
Outre les morts, 25 personnes ont été blessées, dont presque une douzaine grièvement. Certaines des personnes les plus gravement blessées ont été transportées dans des hôpitaux de Montréal, 1500 kilomètres plus au sud.
Mais Jean Leduc s'est également rappelé de l'appui que son village a reçu de la part de communautés, d'écoles et d'organisations de citoyens de partout au Canada et d'ailleurs.
"C'était incroyable de réaliser que nous n'étions pas qu'une communauté isolée et oubliée dans la tempête, a-t-il souligné. Nous avons ressenti tellement de chaleur des gens en général."
Aujourd'hui, le village compte un peu plus de 730 personnes et certaines d'entre elles sont toujours réticentes à parler de l'avalanche et ont refusé d'en discuter dans une interview.
Mary Baron, membre de l'équipe de direction de l'école, était avec son fils lorsque des tonnes de neige se sont effondrées de la montagne et ont frappé son immeuble. Elle n'était pas totalement ensevelie sous la neige et est parvenue à trouver son fils en se laissant guider par les cris qu'elle entendait.
Mais, à la veille du 10e anniversaire de la tragédie, Mme Baron n'a pas voulu en parler davantage.
"Je préfère ne pas en parler", a-t-elle indiqué, assurant toutefois que Kangiqsualujjuaq se portait bien 10 ans plus tard.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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