QUEBEC - Les spéculations allaient bon train, mardi, sur la colline parlementaire, pour imaginer de quoi aura l'air le prochain conseil des ministres.
Le seul à connaître la réponse demeure le premier ministre Jean Charest, qui devrait annoncer la composition du gouvernement mercredi ou, plus vraisemblablement, jeudi matin.
Chose certaine, on sait déjà que le prochain gouvernement coûtera plus cher aux contribuables que l'actuel, car M. Charest veut augmenter le nombre de ministres, qui pourrait passer de 18 à 24.
Le but consiste à soulager les ministres qui étaient surchargés. Par la même occasion, il voudra rafraîchir l'image du gouvernement en nommant de nouveaux visages.
Deux des 18 ministres, Jean-Marc Fournier et Benoît Pelletier, n'étaient pas candidats lors du scrutin du 8 décembre. Si M. Charest choisit de confier à nouveau des responsabilités aux 16 autres déjà en place, cela laisserait huit nouvelles places, si l'objectif de 24 s'avère.
Pour respecter son engagement de maintenir la parité hommes-femmes, il y aurait donc cinq nouvelles places pour les hommes et trois pour les femmes, pour obtenir un total de 12 femmes et 12 hommes.
Au moment de former son équipe, M. Charest aura le choix entre 65 députés, dont 22 femmes et 43 hommes.
Lors de la composition d'un conseil des ministres, plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte, à part l'équilibre entre les sexes et l'addition de sang neuf.
Parmi ceux-ci, la représentation des différentes régions, de même que la place à donner à la communauté anglophone et aux communautés culturelles figurent certainement au haut de la liste.
Pour se rapprocher de la communauté anglophone, qui s'était sentie délaissée lorsque Geoff Kelley et Lawrence Bergman avaient été rétrogradés, M. Charest pourrait être tenté de faire accéder au conseil des ministres la nouvelle députée de Notre-Dame-de-Grâce, Kathleen Weil, qui dirigeait la Fondation du Grand Montréal. On l'enverrait à la Famille.
La rumeur veut que Geoff Kelley revienne au conseil des ministres pour reprendre le dossier autochtone, où il avait fait bonne figure.
Parmi les recrues féminines qui pourraient recevoir le coup de fil tant attendu, on pourrait voir les noms de la députée de Jeanne-Mance-Viger, Filomena Rotiroti, une habituée des cabinets libéraux, de même que l'ex-directrice générale du Festival de St-Tite, la députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, qui a le mérite d'avoir délogé une vedette de l'ADQ, Sébastien Proulx.
Cependant, la Mauricie est déjà représentée par la députée de Laviolette et ministre des Transports, Julie Boulet, ce qui pourrait la défavoriser.
Du côté masculin, le retour de l'ex-ministre des Ressources naturelles Pierre Corbeil (Abitibi-Est) devrait lui assurer une place au gouvernement, et faire en sorte que l'Abitibi soit représentée à Québec.
Il sera plus difficile de faire en sorte que le Saguenay-Lac-St-Jean, où il n'y a qu'un seul député libéral, et l'Outaouais, orpheline du ministre Benoît Pelletier, soient bien représentées.
La région de Montréal continuera d'être représentée principalement par Raymond Bachand, Jacques Dupuis, Christine St-Pierre, Line Beauchamp et celle qui demeurera la femme forte du gouvernement, Monique Jérôme-Forget, qui devrait conserver les Finances, mais perdre le Conseil du trésor.
Le nom du député de Mont-Royal, Pierre Arcand, circule parmi les nouveaux visages attendus au conseil des ministres. M. Arcand, issu du monde des affaires, faisait partie des candidats-vedettes libéraux de la cuvée 2007.
Celui du député de Châteauguay, Pierre Moreau, circule également parmi les députés qui pourraient recevoir un coup de fil.
A Québec, en place depuis quelques mois à peine, Yves Bolduc resterait à la Santé, et Sam Hamad (Emploi) aurait toujours une place autour de la table.
Claude Béchard (Ressources naturelles), qui reprend du service malgré sa lutte contre le cancer, et Nathalie Normandeau (Affaires municipales) seront les porte-parole du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie. Les deux seraient appelés à relever de nouveaux défis.
Le sort du député de Richmond, Yvon Vallières, dépendra de la décision du premier ministre de le nommer au cabinet ou plutôt de proposer sa candidature au poste de président de l'Assemblée nationale, et ainsi prendre sa revanche sur la tentative ratée de l'automne, quand l'opposition lui avait préféré le péquiste François Gendron.
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