OTTAWA - Un rapport de l'ombudsman des Forces armées canadiennes fait ressortir des lacunes dans le dépistage et le traitement des problèmes psychologiques comme le syndrome de stress post-traumatique chez les militaires.
Ce rapport, rendu public mercredi, révèle que certains militaires de retour d'Afghanistan et souffrant de traumatismes liés au stress opérationnel ne sont pas diagnostiqués. Ils ne reçoivent donc pas les soins dont ils auraient besoin "pour continuer à contribuer positivement à la société", indique le document.
Ce rapport révèle aussi que 18 des 31 recommandations formulées en 2002 dans un rapport à ce sujet n'ont toujours pas été pleinement mises en oeuvre, en grande partie à cause de la stigmatisation et des stéréotypes négatifs attachés, dans la culture militaire, aux problèmes de santé mentale.
Avec la mission afghane, l'environnement dans lequel oeuvrent les militaires canadiens a subi des changements considérables ces dernières années, relève l'ombudsman, Mary McFadyen, dans son suivi. L'intensité des combats s'est accrue, et un nombre substantiel de soldats reviennent d'une mission outre-mer souffrant de problèmes psychologiques. Il est aussi devenu évident qu'avec les pressions qui s'exercent sur les forces armées, celles-ci sont proches du point du rupture.
Des enquêteurs ont constaté qu'un certain nombre de militaires ou de membres des familles de militaires n'ont pas été traités équitablement par les Forces armées, ou encore n'ont pas eu accès aux soins dont ils avaient si désespérément besoin, signale Mme McFadyen. Des soldats, des marins, des membres de l'aviation qui ont servi leur pays avec courage et dévouement tombent entre les mailles du filet, déplore-t-elle. Souvent, cela a des conséquences dévastatrices, ajoute-t-elle.
En entrevue à La Presse Canadienne, Mme McFadyen a cité le cas d'un jeune soldat suicidaire stationné à Petawawa, en Ontario, et dont la mère a demandé de l'aide à un officier supérieur. On lui a répondu que son fils n'avait qu'à cesser d'agir comme une mauviette.
Entre autres moyens de remédier à ces lacunes, le rapport invite l'armée à appliquer pleinement les recommandations du rapport initial et formule neuf recommandations supplémentaires, dont la création d'un poste de coordonnateur national pour les questions de traumatismes liés au stress opérationnel.
Dans son rapport, Mme McFadyen propose également que l'armée institue une base de données centralisée qui reflète fidèlement le nombre de militaires aux prises avec des problèmes liés au stress post-traumatique.
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